«Les attaques sont des attentats suicide contre les ambassades d’Egypte et d’Iran», a affirmé le porte-parole du commandement militaire de la capitale irakienne, Qassem Atta. La troisième attaque s’est produite «à une intersection près des ambassades d’Allemagne et de Syrie», selon lui. Selon un dernier bilan d’un responsable du ministère de l’Intérieur, au moins 30 personnes ont péri et 224 ont été blessées dans les attaques qui ont eu lieu à quelques minutes d’intervalle.

Quasi simultanément

Deux voitures piégées ont explosé quasi simultanément dans le quartier de Mansour, dans l’ouest de la capitale, où se trouvent plusieurs ambassades, et une troisième a explosé quelques minutes plus tard devant l’ambassade d’Iran dans le quartier Salhiyeh dans le centre de Bagdad.

L’ambassade d’Egypte à Mansour a été très endommagée. «J’ai vu le camion (suicide), il avançait lentement. Trois gardes de sécurité ont ouvert le feu pour l’arrêter. Mais il a continué à avancer et a explosé», a lancé encore sous le choc Saïd Mohammed, un témoin. «Je veux comprendre comment ce véhicule a-t-il pu arriver jusqu’ici», s’est-il emporté.

Le kamikaze a réussi à passer plusieurs barrages et chicanes pour se faire exploser à quelques mètres de l’entrée. Devant l’entrée de l’ambassade d’Iran, la rue était prise dans des scènes de chaos. Un cratère d’au moins cinq mètres de large était visible.

Le chargé d’affaires iranien à Bagdad, Kazem Sheikh Forutan, a déclaré à l’agence iranienne Fars, «qu’aucun employé de la chancellerie n’a été touché dans l’attentat». Un journaliste de l’AFP a pu voir cinq corps calcinés et des lambeaux de chair dispersés au sol.

Trois corps étaient encore pris dans la tôle écrasée de leur véhicules alors que des pompiers et des policiers éteignaient des carcasses d’un taxi et d’un mini-bus encore en feu, sous les cris des policiers tentant d’éloigner les badauds.

«Combien de temps cela va-t-il durer ?»

«L’explosion a été très forte», a affirmé Abou Ahmed, un chauffeur de taxi. «Ils ne tuent jamais les ministres, les responsables ou les chefs d’Etat. C’est toujours les chauffeurs de taxi, les fonctionnaires et les commerçants qui sont tués. Combien de temps cela va-t-il durer?» a-t-il lâché abattu.

Ziad, un officier de l’armée de 47 ans, est un miraculé de l’attaque, blessé légèrement à la tête alors qu’il passait en voiture devant l’ambassade iranienne au moment de l’explosion. «C’est la deuxième fois que j’échappe à un attentat, la première c’était devant le palais de justice (de Bagdad) en décembre», a-t-il dit devant sa voiture très endommagée. «Ce n’est pas bon tout ça. Si les partis politiques ne se mettent pas d’accord rapidement (pour former un gouvernement) le pays va replonger dans les violences confessionnelles», a-t-il souligné.

Mise en garde américaine

Les Etats-Unis, dont les troupes de combat doivent se retirer en août d’Irak, ont mis à plusieurs reprises en garde contre l’utilisation par Al-Qaïda du vide du pouvoir après les élections législatives du 7 mars.

Les partis politiques mènent des difficiles tractations pour former le prochain gouvernement, près d’un mois après les élections législatives du 7 mars. Celles-ci ont été remportées par l’ancien Premier ministre laïc Iyad Allawi, mais les résultats ont été contestés par le chef du gouvernement sortant Nouri al-Maliki.