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Manifestation séparatiste à Aden le dimanche 28 janvier.
© FAWAZ SALMAN

Moyen-Orient

Trois guerres civiles déchirent désormais le Yémen

Des séparatistes ont pris le contrôle d’Aden, privant le gouvernement de sa capitale provisoire. Ce conflit s’ajoute à la guerre contre les Houthis chiites et contre les djihadistes d’Al-Qaida. L'Arabie saoudite a appelé à des négociations

Pour la deuxième journée consécutive, la ville d’Aden, dans le sud du Yémen, a été le théâtre de violents combats lundi entre forces séparatistes et militaires gouvernementaux, qui ont utilisé des chars et de l’artillerie lourde tandis que les habitants sont restés terrés chez eux.

«Les affrontements ont fait 36 morts et 185 blessés en deux jours», a indiqué en soirée le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sur son compte Twitter. Un précédent bilan de sources sécuritaires avait fait état de 24 morts, civils et combattants.

Le Yémen du Sud était un Etat indépendant avant sa fusion avec le Nord en 1990, et le mouvement séparatiste est resté très puissant.

La crise qui a éclaté dimanche à Aden, deuxième ville du Yémen, entre les séparatistes et le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l’Arabie saoudite, donne une nouvelle dimension au conflit extrêmement complexe qui se poursuit depuis trois ans dans ce pays pauvre de la péninsule Arabique.

Lire aussi: La générosité intéressée de l’Arabie saoudite au Yémen

Les séparatistes étaient précédemment alliés au gouvernement, mais la situation s’est tendue en avril 2017, quand M. Hadi a limogé le gouverneur d’Aden, Aidarous al-Zoubaidi, qui a formé le mois suivant un Conseil de transition du Sud, autorité parallèle dominée par des séparatistes.

Ce conseil avait fixé la semaine dernière un ultimatum à M. Hadi exigeant le départ du premier ministre, Ahmed ben Dagher, et des «changements au gouvernement», accusé de corruption, faute de quoi un grand sit-in serait organisé à Aden.

L’ultimatum a expiré dimanche matin, et des combats ont aussitôt éclaté à travers la ville entre forces séparatistes et unités gouvernementales, aboutissant à la prise du siège transitoire du gouvernement et d’autres installations par les séparatistes, selon des sources militaires.

Combats nocturnes

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait état de combats nocturnes. «Tirs toute la nuit à Aden, y compris à l’arme lourde», a déclaré dans un tweet Alexandre Faite, chef de la délégation du CICR au Yémen.

Lundi matin, des sources sécuritaires ont indiqué à l’AFP que les séparatistes faisaient venir des renforts supplémentaires à Aden depuis les provinces d’Abyane (sud) et de Marib (centre). Au milieu des tirs de chars de combat et de pièces d’artillerie lourde, Aden était totalement paralysée, ont-elles ajouté.

Les rues étaient désertes dans de nombreux quartiers, selon un vidéaste de l’AFP, qui a confirmé l’utilisation de chars de combat par les belligérants. Ecoles et magasins sont restés fermés dans la majeure partie de la ville.

Gouvernement sans capitale

Selon l’agence gouvernementale Saba, le premier ministre s’est réuni dans la nuit de dimanche à lundi avec d’autres membres de son cabinet pour discuter «des développements militaires et des actes de sabotage ayant visé des installations gouvernementales».

Ces actes sont dirigés «contre la légitimité représentée par le président Hadi», a ajouté l’agence, soulignant que le gouvernement condamnait «les hors-la-loi représentés par le conseil du coup de force».

Le gouvernement, chassé de la capitale, Sanaa, en septembre 2014 par des rebelles houthis soutenus par l’Iran, a établi son siège transitoire à Aden l’année suivante.

Lire également: L’ONU redoute une partition prochaine du Yémen

Une coalition arabe, dominée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, est intervenue au Yémen en mars 2015 en soutien au gouvernement. Des soldats saoudiens et émiratis sont présents à Aden, mais ne sont pas intervenus jusqu’ici, la coalition se contentant d’appeler au «calme».

Les Emirats ont entraîné et soutiennent une force appelée «Ceinture de sécurité» dans le Sud. Or cette force soutient le Conseil de transition du Sud. Le gouvernement yéménite a déclaré, selon l’agence Saba, que «le camp houthi iranien» était le «premier bénéficiaire» de ce nouveau conflit.

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