Trois journalistes roumains ont disparu lundi soir à Bagdad. D'après la chaîne de télévision qui employait deux d'entre eux, ils ont été enlevés dans la capitale irakienne. La journaliste Marie Jeanne Ion, 32 ans, le caméraman Sorin Dumitru Miscoci, 30 ans, de la chaîne de télévision roumaine Prima TV et le journaliste du quotidien Romania Libera Ovidiu Ohanesian, 37 ans, ont disparu peu après avoir interviewé le premier ministre par intérim Iyad Allaoui, selon le directeur du journal,Petre Mihai Bacanu.

La chaîne Prima TV a précisé que Marie Jeanne Ion avait appelé la rédaction. Dans cet appel, elle semblait s'adresser à des ravisseurs: «Ne nous tuez pas, nous sommes d'un pays pauvre et nous n'avons pas d'argent.» Elle a ensuite envoyé un texto à la rédaction qui disait «au secours, ce n'est pas une blague, on a été enlevés». Les trois journalistes se trouvaient en Irak depuis cinq jours.

Le président roumain Traian Basescu, qui a rendu visite aux troupes roumaines en Irak et en Afghanistan, a assuré mardi à son retour que le gouvernement faisait tout ce qui était en son pouvoir pour retrouver les journalistes et précisé qu'il avait demandé l'aide de la coalition internationale en Irak. D'après le premier ministre Calin Popescu Tariceanu, aucune demande de rançon n'est parvenue aux autorités roumaines, ni aucune revendication. Une cellule de crise a été mise en place au Ministère des affaires étrangères pour obtenir leur libération. La Roumanie compte environ 800 soldats en Irak.

L'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) s'est déclarée «extrêmement préoccupée» par la disparition des trois journalistes roumains.

Florence Aubenas: informations «rassurantes»

Le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a fait état mardi «d'informations rassurantes» sur le sort de la journaliste française Florence Aubenas, enlevée le 5 janvier à Bagdad avec son traducteur Hanoun al-Saadi. La prudence reste toutefois de mise, a-t-il dit à l'Assemblée nationale. «Nous avons maintenant des contacts qui semblent stabilisés, ce qui nous permet d'avoir quelque espoir», a déclaré le chef du gouvernement en réponse à une question posée, au nom de l'ensemble des députés, par le président de l'assemblée, Jean-Louis Debré.