Trois mères de disparus israéliens lancent un appel

Genève Israéliennes au Conseil des droits de l’homme pour leurs fils enlevés en Cisjordanie

Douze jours qu’elles attendent sans le moindre signe de vie ou revendication. Les mères des trois adolescents israéliens disparus en Cisjordanie étaient mardi à Genève pour leur première visite à l’étranger. Elles ont pris la parole devant le Conseil des droits de l’homme, l’appelant à condamner cet enlèvement. Elles ont ensuite enchaîné les interviews, encadrées par la mission de l’Etat hébreu à Genève et l’organisation pro-israélienne UN Watch.

«Je m’adresse à vous en tant que mère. Mon fils m’a envoyé un texto pour dire qu’il était sur le chemin du retour puis plus rien. C’est le cauchemar de chaque mère que d’attendre indéfiniment que son enfant rentre à la maison», a témoigné devant l’ONU l’Américano-Israélienne Rachel Frankel. Son fils Naftali a disparu le soir du 12 juin en compagnie d’Eyal Yifrach et de Gilad Shaar, deux autres étudiants d’écoles talmudiques.

Leur appel au Conseil des droits de l’homme a peu de chance d’être entendu, tant Israël est isolé au sein de cette instance.

Le Hamas accusé

Les trois adolescents ont été vus pour la dernière fois près de Gush Etzion, un bloc de colonies dans le sud de la Cisjordanie. Ils faisaient de l’auto-stop pour rentrer chez eux. «La police a reçu un coup de fil de l’un d’eux disant qu’ils avaient été enlevés», explique Rachel Frankel.

Quelques jours après leur disparition, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, accusait le Hamas, disant disposer de preuves de l’implication du mouvement islamiste palestinien. Depuis, l’armée israélienne a déclenché la plus vaste opération dans les territoires occupés depuis près de dix ans. Plus de 360 Palestiniens ont été arrêtés, en majorité des membres du Hamas. L’enlèvement a été condamné par Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, laquelle collabore aux recherches. Mais Benyamin Netanyahou le somme de dénoncer l’accord de réconciliation avec les islamistes.

«Demain en Europe»

Les trois mères refusent d’entrer dans ces considérations. Elles préfèrent montrer des photos de leurs fils, certaines prises juste avant leur disparition. Mais elles ne doutent pas de la culpabilité du Hamas. Les services de renseignement israéliens ont-ils partagé des informations avec elles? «Ils nous ont dit tout ce qui pouvait être dit», répond Rachel Frankel.

«Qu’importe qui les a enlevés, nous voulons qu’ils reviennent à la maison. Tous les pays doivent condamner cet acte. Aujourd’hui, nous sommes visés, mais demain cela peut se produire en Europe. Le terrorisme se renforce grâce au silence des Etats», enchaîne Iris Yifrach.

Les mères se disent touchées par les prières et les innombrables messages de soutien. Avant de reprendre l’avion pour Israël, elles ont participé à une cérémonie dans une synagogue de Genève. «J’espère que quand nous serons rentrées, ils seront aussi de retour parmi nous», veut croire Bat-Gaalim Shaar.