La présidente sud-coréenne Park Geun-hye a limogé son chef de gouvernement et deux de ses principaux ministres. Malgré cela, des dizaines de milliers de manifestants ont encore réclamé sa démission ce samedi à Séoul. Ils lui reprochent d’avoir donné une trop grande place à la fille d’un gourou.

Qui est Choi Soon-sil, la confidente de la présidente?

Choi Soon-sil a 60 ans. Elle est la fille d’une mystérieuse figure religieuse, Choi Tae-min. Ce dernier, décédé en 1994, était le chef autoproclamé d’un culte religieux nommé l’Eglise de la vie éternelle.

Choi Tae-min est devenu le mentor de Park Geun-hye après l’assassinat de sa mère, en 1974. Il lui avait affirmé que sa mère lui était apparue en rêve pour lui demander de prendre soin d’elle. A l’époque, c’était le père de Park Geun-hye qui dirigeait le pays. Grâce à cette influence, Choi-Tae-min avait pu accumuler une énorme richesse.

Choi Tae-min a par la suite affirmé à Park Geun-hye que sa cinquième fille, Soon-sil, avait hérité de ses pouvoirs chamaniques et les a présentées. Les deux femmes sont devenues très amies.

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De quoi est-elle accusée?

Choi Soon-sil a corrigé des discours présidentiels. Elle aurait aussi prodigué des conseils sur les nominations et aurait eu accès à des documents confidentiels. Elle n’avait pas de fonction officielle et ne possédait pas d’habilitation de sécurité.

Selon les médias coréens, Choi Soon-sil a bénéficié grâce à cette amitié de passe-droit pour ses affaires immobilières et a forcé la main de conglomérats industriels, dont Samsung et Hyundai, pour financer à hauteur de 70 millions de francs deux fondations dont une partie de l’argent était détournée pour son bénéfice personnel ainsi que celui de sa fille.

Choi Soon-sil aurait aussi assuré à la présidente – après avoir invoqué les esprits – que la Corée du Nord allait s’effondrer en 2017. C’est sur cette prédiction que se baserait la ligne dure tenue par Séoul contre Pyongyang.

Choi Soon-sil est accusée de trafic d’influence et de corruption. Après les révélations des médias, elle avait fui en Allemagne où elle possède plusieurs propriétés, mais elle est finalement rentrée se livrer à la justice. Elle a été placée en garde à vue.

Que risque la présidente?

Park Geun-hye réfute les accusations, admettant juste que Choi Soon-sil a relu certains de ses discours. Elle refuse de répondre aux convocations du parquet. Une équipe d’enquêteurs indépendants doit être mise en place prochainement.

Si son immunité présidentielle la protège d’une inculpation, Park Geun-hye peut néanmoins faire l’objet d’une enquête. Des perquisitions ont déjà eu lieu dans ses bureaux.

Le mandat de Park Geun-hye arrive à terme en février 2018. Un vote parlementaire sur sa destitution pourrait être organisé dès la semaine prochaine.

En Corée du Sud, la corruption a toujours contaminé les hautes sphères du pouvoir. Park Geun-hye avait argué lors de sa campagne qu’elle n’avait pas de famille à favoriser et personne à qui transmettre son patrimoine. Ses parents ont été assassinés, elle n’a ni mari ni enfants et a perdu le contact avec ses frères et sœurs.