Nouveauté de cette présidentielle: la primaire populaire a pris forme, dimanche, avec un total de 467 000 inscrits. Ils seront invités à voter du 27 au 30 janvier pour désigner, parmi sept personnalités de la gauche, celle qui sera soutenue. Ce chiffre est nettement supérieur à ceux de la primaire écologiste de septembre (122 000 inscrits) et au congrès des Républicains début décembre (près de 140 000). Mais trois des sept candidats -Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et la socialiste Anne Hidalgo- ont refusé par avance de reconnaître le résultat du vote, et se retrouvent impliqués dans le scrutin malgré eux. Ils ont chacun demandé que leurs noms soient retirés de la liste des candidats.

L’élection présidentielle française s’achèvera-t-elle par une défaite du «dégagisme» et une réélection de celui qui, depuis l’Elysée, a choisi de faire patienter jusqu’au bout les Français en retardant son annonce de candidature: Emmanuel Macron? Ce scénario, vu de l’étranger, paraît assez plausible, vu l’éclatement du paysage politique et le solide socle électoral du président sortant, pourtant décrié par une partie de la population. Mais, à trois mois pile du second tour de ce scrutin dont tout découle, dans l’édifice si présidentiel qu’est la Ve République, plusieurs inconnues perturbent l’équation des urnes. A commencer par l’accueil que les 47,9 millions d’électeurs réserveront à leur président sortant lorsqu’il sera dans l’arène…