Donald Trump semble totalement insensible au reproche l'accusant de n'écouter que les grandes banques d'affaires, en particulier de Goldman Sachs.

Selon Reuters et divers médias américains, il s'apprêterait à nommer Gary Cohn, 56 ans, à la tête des conseillers économiques chargés de coordonner toute sa politique économique. Ce directeur des affaires opérationnelles de Goldman Sachs, à l'inverse de ses membres du cabinet ministériel, n'aurait pas besoin du sénat pour être confirmé à ce poste, selon le Tages Anzeiger.

Ce serait le troisième membre de l'équipe de Donald Trump issu des rangs de Goldman Sachs. Steve Mnuchin est en effet prévu à la tête du Trésor américain et Stephen Bannon comme chef stratège de la Maison Blanche. «Pendant toute la campagne électorale, Donald Trump avait reproché à Hillary Clinton d'être totalement contrôlée par Goldman Sachs», rappelle la NZZ.

A lire aussi: Wall Street place ses pions autour de Donald Trump

Parmi les autres papables, on parle de Rex Tillerson, le patron d'Exxon, leader de l'industrie pétrolière, en tant que ministre des affaires étrangères. La nomination pourrait, selon le quotidien zurichois, survenir ce week-end.

Forte concentration des richesses

Donald Trump s'appuie sur un nombre impressionnant de milliardaires âgés, commente le quotidien zurichois. Si le président, 70 ans, possède lui-même 3,7 milliards de dollars, selon le magazine Forbes, la fortune de la nouvelle ministre de l'éducation, Betsy DeVos, serait de 5,1 milliards de dollars. Wilbur Ross, 78 ans, candidat cité pour le ministère du commerce, détiendrait 2,5 milliards de dollars. La vice-ministre du commerce et la ministre des petites et moyennes entreprises sont aussi issues de familles de milliardaires.

Les membres du cabinet Trump détenant quelques douzaines de millions de dollars sont également nombreux, à commencer par Steve Mnuchin.

La NZZ salue le fait que ces personnalités ayant fait fortune et souvent relativement âgées, à l'image de Wilbur Ross, 78 ans, se mettent au service de l'intérêt général. D'autant plus qu'elles acceptent une baisse de revenu. Un membre du cabinet ne gagnera en effet «que» 205 700 dollars par an.

Mais cette addition de grandes fortunes conduira-t-elle à la prospérité du plus grand nombre? «cette concentration de richesses au sein du gouvernement est unique dans l'histoire», note la NZZ. Dans l'équipe Obama, Penny Pritzker, ministre du commerce, est la plus fortunée, avec 2,5 milliards de dollars. Mais elle fait figure d'exception.

Le public est sceptique. Un sondage de Pew Research montre que seuls 40% des Américains apprécient les nominations de Donald Trump. Ils étaient 60% à approuver celles de George W. Bush.

A lire aussi: L'affaire «Barroso chez Goldman Sachs» sème la pagaille à Bruxelles