Des trombes d’eau se sont abattues sur New York dans la nuit de mercredi à jeudi au passage des restes de l’ouragan Ida qui, après avoir frappé le sud des Etats-Unis, a semé tornades et inondations historiques dans le nord-est du pays. Selon les autorités, au moins 15 personnes sont mortes dans les Etats de New York, du New Jersey, et de Pennsylvanie, pour la plupart piégées dans leurs domiciles.

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Au milieu de la nuit, la nouvelle gouverneure de l’Etat de New York, Kathy Hochul, a décrété selon un communiqué «l’état d’urgence» suite aux inondations «majeures» dans tous les comtés frontaliers de la ville de New York, concernant potentiellement quelque 20 millions d’habitants. Le maire sortant de New York, Bill de Blasio, a de son côté déploré dans un tweet d’un «événement météorologique historique» en décrétant également «l’état d’urgence» dans sa ville.

Ce qui devrait entraîner notamment la fermeture des écoles et des transports publics. D’après le service météorologique national (NWS), cet état d’urgence en raison d’inondations soudaines est une première dans l’histoire de la mégapole, déjà frappée en octobre 2012 par l’ouragan Sandy.

Les Etats voisins aussi affectés

Des trombes d’eau sont tombées à partir de 21h30 (3h30 en Suisse) sur New York. Selon plusieurs vidéos tweetées par le NWS des rues ont été inondées à Brooklyn et dans le Queens, rendant la circulation automobile impossible. «Ne conduisez pas sur des routes inondées. On ne sait rien de la profondeur et c’est trop dangereux. Faites demi-tour et ne vous noyez pas!», a exhorté le service météo.

D’impressionnantes tornades ont été observées en Pennsylvanie, dans le New Jersey et dans le Maryland. Pluies et vents très violents ont également balayé le comté de Westchester, au nord de New York, avec nombre de sous-sols de maisons inondés en quelques minutes. Des photos obtenues par l’AFP montrent des sous-sols et rez-de-chaussées d’habitations avec au moins 50 cm d’eau. Philadelphie a elle aussi été placée sous alerte tornade. «Abritez-vous maintenant. Les débris volants seront dangereux pour ceux qui ne sont pas mis à l’abri», a tweeté Notify NYC, un programme de communications d’urgence de la ville de New York.

Scène surréaliste

Une scène surréaliste s’est déroulée à Flushing Meadows, où la pluie a balayé un court de tennis pourtant bien couvert, provoquant l’interruption d’un match du deuxième tour de l’US Open entre le Sud-Africain Kevin Anderson et l’Argentin Diego Schwartzman. L’eau est passée par les quatre coins du toit rétractable de la salle, mis en place en 2018 pour précisément permettre aux matches de se jouer en dépit de la pluie.

Vers 22h30, l’aéroport de Newark, l’un des trois aéroports de la ville, a aussi annoncé dans un tweet que «toutes les activités de vol étaient actuellement suspendues». Fin août, New York et sa région avaient déjà été touchées par l’ouragan Henri. Les intempéries, le 21 août, avaient mis fin prématurément au grand concert donné à Central Park, censé symboliser le retour à une vie plus festive après la pandémie de coronavirus. Dans le New Jersey, frappé par des pluies torrentielles, l’état d’urgence a été déclaré par le gouverneur Phil Murphy.

Risques de plus en plus importants

L’ouragan Ida, rétrogradé en cyclone post-tropical, a amené dans son sillage de fortes pluies, qui ont provoqué d’importantes inondations sur la côte est des Etats-Unis. «Le cyclone post-tropical Ida apporte de fortes pluies généralisées et des crues soudaines pouvant représenter un risque mortel le long et près de sa trajectoire», a précisé le National Hurricane Center. Ida devrait ensuite continuer sa route vers le nord, et se diriger vers la Nouvelle-Angleterre jeudi. Le président Joe Biden se rendra vendredi en Louisiane, où Ida a touché terre dimanche, détruit de nombreux bâtiments et privé d’électricité plus d’un million de foyers.

Les ouragans sont un phénomène récurrent dans le sud des Etats-Unis. Mais le réchauffement de la surface des océans contribue à rendre les tempêtes plus puissantes, alertent les scientifiques. Elles font notamment peser un risque de plus en plus important sur les communautés côtières victimes des phénomènes de vagues-submersions amplifiés par la montée du niveau des océans.