Brexit

Trump cherche à profiter du Brexit pour sa campagne présidentielle

Les électeurs du milliardaire new-yorkais montrent le même type d’attitude envers l’establishment que les Britanniques ayant voté pour la sortie de l’UE

Donald Trump n’a pas tardé avant de tirer à son profit le résultat du vote britannique en faveur du Brexit. Inaugurant un luxueux centre de golf vendredi à Turnberry en Ecosse, il a intensifié le message anti-establishment qu’il ne cesse de répéter dans le cadre de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle américaine du 8 novembre.

Pour le candidat républicain, qui soutenait le Brexit, le vote de jeudi est «une bonne chose» et représente une sorte de victoire. Pour Barack Obama et Hillary Clinton qui recommandaient le maintien au sein de l’UE, c’est une défaite. «Les Britanniques, a déclaré Donald Trump, ont repris le contrôle de leur pays.»

Claironnant sa volonté de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique pour stopper l’immigration, il a jugé positivement le souhait des Britanniques de fermer leurs frontières. Le milliardaire new-yorkais a fait l’éloge des petites gens qui ont osé s’exprimer contre les élites. L’électorat qui a voté pour lui lors des primaires manifeste la même colère envers l’establishment. Il compte sur cette révolte populiste pour battre Hillary Clinton en novembre, elle qui incarne mieux que personne l’élite politique de Washington.

Une casquette blanche «Make America Great Again» vissée sur la tête, le candidat républicain a tenu une conférence de presse surréaliste à l’occasion de l’inauguration de l’un de ses complexes de golf à Turnberry en Ecosse. Il ne s’est pas privé non plus de féliciter les Britanniques d’avoir voté pour le Brexit au coeur d’une Ecosse qui l’a massivement rejeté. Alors que nombre de citoyens ayant voté pour quitter l’UE sont préoccupés par l’état de l’économie et leur avenir, Donald Trump a minimisé l’importance de la chute de la livre sterling, précisant qu’elle allait lui permettre de faire de bonnes affaires.

Aux Etats-Unis, ce type de contradiction ne semble pas lui porter préjudice. Après deux semaines très difficiles, le tribun new-yorkais pourrait bénéficier des révoltes populaires et populistes qui secouent les démocraties occidentales et relancer sa campagne électorale pour la conquête de la Maison-Blanche.

Le magnat de l’immobilier a même laissé entendre que Barack Obama était en partie responsable du résultat du vote. Le président américain avait invité les Britanniques à voter en faveur du maintien dans l’UE lors d’une récente visite au Royaume-Uni et à son premier ministre David Cameron.

Pour les Etats-Unis, le Brexit n’en reste pas moins une mauvaise nouvelle. Vendredi, Hillary Clinton a déclaré que la «relation spéciale» avec Londres serait toujours de rigueur. Mais de fait, Londres deviendra moins intéressant pour l’Amérique hors de l’UE. Et c’est surtout avec cette dernière que les Etats-Unis vont chercher à maintenir des liens économiques forts. Le président Barack Obama a dit respecter la décision des Britanniques. Mais pour le président américain, le vote de vendredi va rendre très compliquée la conclusion du Traité trans-atlantique de libre-échange et affaiblir l’Europe face à la Chine et à la Russie.

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