États-Unis

Trump menace de couper l’aide financière aux Palestiniens

Le président américain déplore leur manque d’implication dans le processus de paix. Les Etats-Unis avaient déjà menacé de prendre des mesures de rétorsion après un vote à l’ONU, en décembre

Le président américain Donald Trump a menacé mardi de couper l’aide financière des Etats-Unis aux Palestiniens, évoquant leur manque d’appétit pour les négociations de paix que la Maison-Blanche veut relancer.

«Nous payons les Palestiniens DES CENTAINES DE MILLIONS DE DOLLARS par an sans reconnaissance ou respect» de leur part, a twitté Donald Trump. «Puisque les Palestiniens ne sont plus disposés à parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser des paiements massifs à l’avenir?»

Les Etats-Unis ont versé, en 2016, 319 millions de dollars d’aide aux Palestiniens via leur agence de développement (USAID), selon des chiffres disponibles sur le site de l’agence. A cela s’ajoutent 304 millions de dollars d’assistance donnés par Washington aux programmes de l’ONU dans les territoires palestiniens. Donald Trump n’a pas précisé à quelles aides il faisait spécifiquement référence dans son tweet.

Il a provoqué la réaction de Hanan Ashrawi, une responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP): «Nous ne céderons pas au chantage […]. Maintenant il [le président Trump] ose accuser les Palestiniens des conséquences de ses actions irresponsables.»

La participation américaine à l’ONU en sursis

Les Etats-Unis avaient menacé de prendre des mesures de rétorsion après un vote à l’Assemblée générale de l’ONU, le mois dernier, condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël.

«Nous nous en souviendrons quand on nous demandera encore une fois de verser la plus importante contribution» financière à l’ONU, avait lancé l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley.

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Se faisant le porte-voix du président américain, elle avait déploré devoir «payer pour le privilège douteux d’être méprisés», menaçant à nouveau de «mieux dépenser» l’argent des Américains à l’avenir.

La paix s’éloigne

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump s’est targué de pouvoir obtenir un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, un dossier sur lequel tous ses prédécesseurs ont échoué. L’émissaire du président américain pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt, multiplie depuis des mois les rencontres dans la région pour tenter de relancer l’entreprise de paix moribonde. Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, est également chargé de travailler sur un plan de paix.

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Mais cette nouvelle mesure de sanctions à l’encontre des Palestiniens – quelques semaines après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël – promet de rendre encore plus hasardeuse toute reprise du processus de paix.

Les espoirs d’une solution à deux Etats ont encore été douchés mardi lorsque le parlement israélien a adopté un projet de loi visant à compliquer le passage sous souveraineté palestinienne de certaines zones de Jérusalem dans le cadre d’un futur accord de paix. «Une déclaration de guerre» pour le président palestinien Mahmoud Abbas.

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