Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Poignée de mains au sommet entre Giuseppe Conte et Donald Trump, Washington DC, Etats-Unis, 30 juillet 2018.
© Mark Wilso/Pool/EPA ©

RENCONTRE

Trump reçoit l'Italien Conte, un Européen proche de ses idées

Donald Trump a accueilli lundi à la Maison Blanche le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte. Il a salué le «travail formidable» effectué par ce dirigeant européen populiste avec lequel il partage des affinités, notamment sur l'immigration et le commerce

«Je sais qu'il a une position très ferme à la frontière», a déclaré le président américain dans le bureau ovale. «Beaucoup d'autres pays en Europe devraient faire pareil», a estimé M. Trump, volontiers critique à l'égard de l'Union européenne, avant un premier entretien en tête-à-tête qui devait être suivi de discussions bilatérales élargies aux délégations

«L'Italie est un important allié de l'Otan, un partenaire éminent en Afghanistan et en Irak et est cruciale pour amener la stabilité dans la région méditerranéenne», soulignait la Maison Blanche en annonçant fin juin cette visite.

M. Trump avait déjà jugé le nouveau chef du gouvernement italien «super» lors du dernier G7, début juin au Canada. «Il est très ferme sur l'immigration, comme moi», avait alors déclaré le milliardaire républicain.

Encombrants alliés

Selon la presse transalpine, la visite à Washington de M. Conte doit lui permettre de se doter d'une stature internationale, lui qui, en Italie, est régulièrement dans l'ombre de ses deux vice-présidents du Conseil qui l'ont choisi pour diriger le gouvernement: Luigi Di Maio, chef des antisystème du Mouvement 5 Etoiles (M5S), et Matteo Salvini, patron de la Ligue, une formation d'extrême droite.

Ce dernier a une nouvelle fois fait parler de lui dimanche en postant sur Facebook, le jour de l'anniversaire de la naissance de Benito Mussolini, une phrase souvent prononcée par le dictateur fasciste - «beaucoup d'ennemis, beaucoup d'honneur».

Autre point commun, MM. Trump et Conte sont tous les deux favorables à de meilleures relations avec la Russie. Au Canada, M. Trump avait appelé le G7 à réintégrer la Russie, exclue en 2014 après l'annexion de la Crimée. «Parce que nous devrions avoir la Russie à la table de négociations», avait-il dit. M. Conte s'était dit «d'accord» avec lui, se démarquant de ses collègues européens.

Scepticisme face au libre-échange

Sur le commerce, les deux hommes partagent le même scepticisme à l'égard du libre-échange: M. Trump a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l'Aléna (avec le Canada et le Mexique) ou l'accord de libre-échange transpacifique (TPP), tandis que le gouvernement de M. Conte refuse de ratifier l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA).

Pourtant, selon Nick Ottens, de l'Atlantic Council, le président américain «risque de ne pas trouver l'allié auquel il s'attend» avec le chef du gouvernement italien. Sur les échanges commerciaux, le rejet par le nouveau gouvernement italien des accords multinationaux risque de compromettre l'objectif de M. Trump de parvenir à éliminer tout tarif douanier avec l'Union européenne, explique cet expert.

Selon la presse italienne, M. Conte souhaite notamment préserver le secteur automobile transalpin, menacé de taxes américaines à l'importation, et défendre les activités des entreprises italiennes en Iran, que M. Trump veut empêcher par le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

Objectif hors de portée

Et dans le domaine de la défense, l'Italie a fait savoir qu'il était hors de question qu'elle atteigne l'objectif de dépenses pour le secteur à hauteur de 2% du PIB, a fortiori le nouvel objectif de 4% fixé par M. Trump aux alliés lors du dernier sommet de l'Otan.

«Nous nous sommes regardés et nous avons souri: nous pensions que les 2% étaient déjà hors de portée», déclarait récemment la ministre italienne de la Défense Elisabetta Trenta.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a