Le désarmement vient de subir un nouveau coup dur. L’administration de Donald Trump a décidé de recourir de nouveau aux mines antipersonnel. Cette décision tranche avec la pratique des Etats-Unis qui, bien que n’ayant pas signé et ratifié la Convention dite d’Ottawa d’interdiction des mines antipersonnel, se sont abstenus d’utiliser et de commercialiser de telles armes au cours des trente dernières années. Elle bat en brèche une norme internationale désormais bien établie.

Recul historique

L’ex-président Barack Obama avait lui-même décrété en 2014 que son pays renonçait à toute production, acquisition et utilisation de mines antipersonnel. Il avait ordonné la destruction des stocks de telles armes ne devant pas servir à la défense de la Corée du Sud. Porte-parole de la Maison-Blanche, Stephanie Grisham a pourtant annoncé la volte-face le 31 janvier dernier: «Le Département de la défense a estimé que les restrictions imposées aux forces américaines par la politique de l’administration Obama pourraient les mettre dans une position de dangereux désavantage par rapport à nos adversaires. Le président n’est pas prêt à accepter ce risque pour nos troupes.» Protéger les troupes n’est qu’une partie de l’explication, relèvent nombre d’observateurs. Il est aussi question de démanteler ce qu’a fait son prédécesseur et surtout de se montrer comme le grand défenseur de l’armée à l’approche de la présidentielle du 3 novembre prochain.