A force de crier aux fake news, Donald Trump les alimente lui-même. Ces derniers jours, c’est l’idée d’une fausse Melania qui a affolé les réseaux sociaux et amusé les médias. Cheveux ressemblant à une perruque, nez un peu plus épais que d’habitude: un internaute a lancé la rumeur. Et si la femme à côté du président, lors d’un déplacement dans le Maryland pour un entraînement du Secret Service, n’était pas Melania, mais un sosie?

Photos comparatives, fine analyse de chaque millimètre de sa peau: des internautes, experts en théories du complot en tout genre et prenant leurs capacités d’investigation très au sérieux, s’en sont donnés à cœur joie. Jusqu’à ce que le Washington Post y mette son grain de sel et titre: «Nous avons l’identité de cette femme mystérieuse au cœur des rumeurs d’usurpation de Melania Trump (c’est Melania Trump)». Au-delà des explications tirées par les cheveux dans cette traque effrénée aux «doubles» de Melania, la présence de la First Lady pour cet événement, mineur, n’était pas nécessaire: rien n’expliquerait que Donald Trump prenne le risque de recourir à une fake wife. Chapitre clos.

Adepte de faux pas, de faux-semblants et de fausses dorures, Donald Trump est rattrapé par une autre «affaire». Et cette fois, le «faux» pourrait bien être vrai. Il prétend posséder un Renoir, alors que l’œuvre en question, Les Deux Sœurs, peinte en 1881, est conservée depuis 1933 à l’Institut d’art de Chicago. Son tableau, assure-t-il, est le vrai. Tim O’Brien, qui a écrit un livre sur Donald Trump, a tout fait pour le convaincre que le tableau, aperçu dans un jet privé, était un faux. Il l’explique à Vanity Fair: «Il se persuade de son mensonge depuis des années.»

On n’a pas fini d’entendre parler d’histoires de faux. Donald Trump a toujours entretenu un rapport compliqué avec la vérité. Sa vérité. Alors quand quelque chose est vraiment vrai, il se sent obligé de l’affirmer avec lourdeur. Tenez, regardez son profil Twitter: @realDonaldTrump.


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Et le blog de Valérie de Graffenried: Les Américains