Une catastrophe d’une ampleur inégalée

Il faut avoir vu, à près de 30 mètres de hauteur, le flanc lacéré des falaises d’Aceh, à l’extrême nord de l’île indonésienne de Sumatra, pour réaliser ce que fut, le 26 décembre 2004, la furie des déferlantes du tsunami.

Depuis lors, les images des vagues de l’océan Pacifique qui engloutirent les rivages du nord de l’île de Honshu, au Japon, en mars 2011, ont remplacé celles tournées en Indonésie, au Sri Lanka, en Birmanie, en Inde et en Thaïlande au lendemain de Noël 2004. Le bilan humain demeure, lui, comme une marque indélébile de cette catastrophe d’une ampleur inégalée, conséquence d’un séisme sous-marin survenu au large d’Aceh: 230 000 morts et disparus, plus d’un million de blessés. Avec, sur les côtes thaïlandaises et sri-lankaises, une hécatombe ayant coûté la vie à près de 2500 Occidentaux, dont 113 citoyens helvétiques.

Impossible, également, de revenir sur cette tragédie sans se souvenir des circonstances et de la mobilisation humanitaire sans précédent qui s’ensuivit. Le fait que les deux vagues tueuses aient déferlé sur les côtes le 26 décembre et que les images des touristes engloutis par les flots à quelques dizaines de mètres du rivage aient rapidement envahi les écrans, explique pour une large part l’explosion de générosité internationale. Au total, plus de 6 milliards de dons sont dirigés vers l’Asie du Sud-Est sinistrée durant la seule année 2005, selon les chiffres des Nations unies. En Suisse, la Chaîne du bonheur enregistre un record avec 227 millions de francs, tandis que la Coopération helvétique (DDC) consacre 35 millions à différents programmes de reconstruction et d’aide.

Fait symbolique: c’est l’ex-président Bill Clinton qui dirige, dans un premier temps, ce «tsunami humanitaire», dont un des mérites incontestables sera de favoriser un règlement pacifique du conflit à Aceh, sultanat indonésien rebelle, où un accord de paix est signé sur fond de dévastations, en août 2005. La polémique sur l’utilisation des fonds, et la précipitation humanitaire, reste toutefois, aussi, indissociable de cette catastrophe survenue dans une région dynamique sur le plan économique. Et dont le redressement n’a pas tardé.