La nuit tombe à peine lorsque des coups de feu résonnent sur la plus belle avenue du monde. Jeudi, peu avant 21h, un homme se gare près d’un fourgon de police avant d’ouvrir le feu avec une kalachnikov. Un policier est tué, deux autres grièvement blessés. Une touriste allemande est également touchée par des éclats de balle. Après quelques minutes de confusion, les forces de l’ordre abattent l’assaillant.

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Qu’est-ce que l’on sait du tueur?

Les enquêteurs ont rapidement déterminé l’identité de l’assaillant, a indiqué vendredi le procureur de la République François Molins lors d’une conférence de presse. Des papiers d’identité ont été retrouvés sur le lieu de l’attaque. Il s’agit de Karim Cheurfi, né à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis.

Sans profession, ce Français de 39 ans était connu des services de police et de la justice. François Molins a détaillé le lourd passé judiciaire de l’auteur de la fusillade. «Le casier judiciaire de Karim Cheurfi porte la trace de quatre condamnations», a-t-il indiqué.

L’homme avait déjà tenté d’abattre des policiers en 2001. Après un accident de la route, il avait tiré sur un élève policier ainsi que son frère. Lors de sa garde à vue, Karim Cheurfi avait dérobé l’arme d’un agent et avait fait feu sur lui. Deux ans plus tard, il avait été condamné à 20 ans de réclusion pour ces trois tentatives d’homicide. Une peine réduite à quinze ans de prison en 2005. «Karim Cheurfi faisait l’objet depuis sa sortie de prison en 2015 d’un suivi du juge de l’application des peines», a précisé le procureur.

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Comment a-t-il pu passer entre les mailles du filet?

L’assaillant ne faisait pas l’objet d’une fiche S, attribuée aux personnes soupçonnées de visées terroristes ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat. «Karim Cheurfi n’a pas présenté, tout au long de sa période d’incarcération, de signes de radicalisation ou de prosélytisme», a affirmé François Molins.

Karim Cheurfi faisait toutefois l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris, pour des suspicions de passage à l’acte contre des policiers, mais sans lien a priori avec l’islamisme radical. Arrêté en février puis placé en garde à vue à Meaux, il avait été relâché faute de preuves suffisantes.

Comment cet homme au passé trouble a-t-il pu être remis en liberté? L’homme avait également été convoqué par la justice le 7 avril après avoir effectué un voyage en Algérie, alors qu’il avait l’obligation d’en avertir la justice. Le juge n’avait pas mis fin à son sursis avec mise à l’épreuve.

Un morceau de papier vraisemblablement tombé de sa poche a par ailleurs été retrouvé près de son corps, un «message manuscrit défendant la cause de Daech.» Dans sa voiture, les enquêteurs ont également trouvé un fusil à pompe avec des munitions de calibre 12, deux gros couteaux de cuisine et un sécateur, ainsi qu’un Coran. Cet attirail était rangé dans un sac de sport. François Molins a indiqué que l’enquête va désormais se pencher sur les conditions d’obtention de ces armes.

Est-ce une nouvelle offensive de l’Etat islamique ou un acte isolé?

Le groupe Etat islamique a très rapidement revendiqué l’attaque de jeudi soir. Une revendication qui intrigue les enquêteurs. Dans son message, l’organisation terroriste évoque un assaillant ayant pour pseudonyme de djihadiste «Abou Youssef le Belge». Mais aucun lien entre l’attaque des Champs-Elysées et la Belgique n’a pour l’instant été établi.


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