Allemagne

Le tueur de Munich admirait Anders Breivik

L’auteur de la fusillade de Munich a agi seul, sans motivation idéologique ni religieuse apparente. Il était fasciné par les tueries de masse, notamment celle commise en Norvège en 2011

L’homme qui a plongé Munich vendredi dans une «soirée d’horreur» comme le décrit la chancelière Angela Merkel n’avait que 18 ans. Le corps de David Ali Sonboly a été retrouvé vers 20h30 vendredi soir, à proximité du centre commercial Olympia où, deux heures plus tôt, il avait tué neuf personnes et blessé 35 autres.

Un acte prémédité

Si son geste fou a surpris un pays entier, il n’avait toutefois rien de spontané. D’après Thomas Steinkraus-Koch, procureur général de Munich, David Ali Sonboly aurait préparé son coup il y a déjà un an. Sur son ordinateur, les enquêteurs ont en effet découvert un manifeste dans lequel il explique ses intentions. Ils y ont aussi découvert des photos de Winnenberg, une commune allemande de Bade-Wurtemberg où un jeune de 17 ans a tué 15 personnes en 2009. David Ali Sonboly se serait rendu sur place l’été dernier pour visualiser les lieux en personne.

Ce jeune germano-iranien, né à Munich d’une famille iranienne arrivée en Allemagne dans les années 1980, s’intéressait depuis longtemps aux tueries de masse. Dans sa chambre, perquisitionnée dans la nuit de vendredi à samedi, les enquêteurs ont aussi retrouvé un livre intitulé Pourquoi les jeunes tuent. Sur son profil de compte WhatsApp, le tueur de Munich avait aussi choisi un portrait d’Anders Breivik, auteur du massacre d’Utoya, en Norvège en 2011. Dès samedi, la police de Munich avait tissé un lien «évident» entre les deux tueries, tous deux ayant eu lieu un 22 juillet.

Dépression et harcèlement scolaire

David Ali Sonboly était aussi accro au jeu vidéo Ego-shooter. Il y passait des heures à tirer sur un maximum de monde. Souffrant d’une «sorte de dépression» d’après les termes des enquêteurs. Il avait reçu des soins psychiatriques encore en juin. «C’était un type tranquille, il ne se livrait jamais», explique l’un de ses camarades, Ismael, 20 ans, au journal Bild. «Il était harcelé à l’école, peut-être parce qu’il travaillait beaucoup», ajoute ce proche. David Ali Sonboly était en effet victime de brimades de la part de jeunes de son âge.

Vendredi, il aurait voulu se venger en les attirant dans un guet-apens. La police fait état d’un compte Facebook piraté à partir duquel le jeune Munichois aurait invité des jeunes à se rendre, vers 16 heures, dans un restaurant Mac Donald’s, proche du stade olympique. Il leur aurait promis des bons de réduction sur place. A 17h50, il y tuait quatre personnes avant de tirer sur les passants dans la rue et de pénétrer dans le centre commercial Olympia. Les faits ont été en partie filmés par un témoin. Sur la vidéo, on voit le jeune homme, habillé en noir, un pistolet à la main, tirant au hasard sur des passants effrayés. D’après le procureur, David Sonboly n’aurait pas choisi ses victimes. Huit d’entre elles avaient moins de 20 ans.

Pas de lien avec une organisation terroriste

Le tireur a agi seul, sans motivation politique, idéologique ni religieuse apparente, dans un «classique acte de tuerie collective». Aucun élément ne le relie à une quelconque organisation terroriste contrairement au jeune Afghan de 17 ans qui a attaqué à la hache quatre passagers dans un train régional en Bavière, lundi dernier. La police se demande désormais comment il s’est procuré un pistolet, de marque Glocke, au numéro de série limé, via le site Darknet utilisé par les criminels, ainsi que 300 munitions retrouvées dans son sac à dos. David Ali Sonboly ne possédait aucun permis de port d’arme. Le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, a annoncé vouloir durcir la législation sur les armes, pour éviter un nouveau drame de ce type.

C’est avec cette arme justement que le jeune tireur s’est donné la mort. Il s’est tiré une balle dans la tête après avoir été découvert par un agent de police. Poursuivi par toute la police munichoise, il s’était caché dans une petite rue, à un kilomètre seulement du lieu du crime.

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