L’auteur de la fusillade meurtrière en Arizona a comparu devant la justice lundi, alors que l’Amérique se recueillait en hommage aux victimes, dont la mémoire sera saluée mercredi lors d’une cérémonie officielle à laquelle participera le président Obama.

En début d’après-midi, Jared Loughner, 22 ans, a comparu pour la première fois devant la justice à Phoenix (Arizona, sud-ouest des Etats-Unis), où il s’est vu signifier les charges retenues contre lui, qui pourraient lui valoir la peine de mort.

Lors de l’audience d’un peu moins d’un quart d’heure, l’accusé, crâne rasé, menotté et chaînes aux pieds, a semblé parfaitement comprendre la situation. Il a répondu de façon calme et concentrée aux questions réglementaires du juge. Sa photo de détenu, publiée dans l’après-midi par les autorités, montre un jeune homme glabre et souriant, au regard perçant.

Recueillement

Dans la matinée, de Wall Street à la Maison Blanche, les Américains se sont recueillis pendant une minute, en hommage aux six personnes tuées, dont une fillette de 9 ans, à la représentante Gabrielle Giffords, grièvement blessée, et aux 13 autres personnes blessées lors de la fusillade de samedi à Tucson.

Le président Obama se rendra mercredi à Tucson pour assister à une cérémonie d’hommage aux victimes, a annoncé son entourage. Plus tôt dans la journée, Barack Obama avait réaffirmé que les Etats-Unis et lui-même étaient toujours sous le «choc» et ressentaient beaucoup de «chagrin».

Michael Lemole, neurochirurgien à l’hôpital universitaire (UMC) de Tucson, a réitéré son «optimisme» quant au rétablissement de Mme Giffords, qui continue à réagir à des commandes simples, comme lever le doigt. «Aucun changement dans l’état de santé à ce stade est une bonne chose. Et nous n’avons aucun changement», a-t-il déclaré. «Chaque jour qui passe sans que la situation n’empire nous rend un peu plus optimistes», a-t-il dit.

La gouverneur de l’Arizona, la républicaine Jan Brewer, a pour sa part reporté le discours qu’elle devait prononcer sur l’Etat de l’Arizona, considérant que le moment était au recueillement. «Les événements de samedi n’étaient pas seulement une attaque contre des personnes aimées et disparues, mais une violation de notre république et de notre démocratie», a-t-elle déclaré.

Un jeune homme très perturbé

Les motifs de Jared Loghner, dont la cible était clairement Mme Giffords, restaient inconnus lundi. Les journaux peignaient le portrait d’un jeune homme mentalement très instable, auteur de vidéos et de textes bizarres diffusés sur internet, rejeté par l’armée du fait de sa consommation de drogue et exclu de l’université en raison de son comportement inquiétant.

Les Tea parties rejettent toute responsabilité

Sans attendre de connaître les mobiles du drame, de nombreux blogueurs de gauche se sont emparés de l’attentat pour dénoncer le parti républicain et les ultra-conservateurs du «tea party», les accusant d’avoir créé un climat incitant à la violence.

Lundi, des militants du «tea party» ont qualifié de «scandaleuses» les accusations visant leur mouvement et leur égérie républicaine Sarah Palin. «Nous n’avons rien à voir avec cet événement tragique et horrible», a déploré le «Tea Party Express», l’une des principales composantes de la mouvance conservatrice, pour qui ces critiques illustrent la volonté de la gauche américaine de «tenter d’exploiter» politiquement le drame.