«Chanter ce chant constitue une incitation à la haine», a conclu le juge Colin Lamont, après près de deux heures de lecture des attendus du jugement, retransmis en direct à la télévision.

«Dubula ibhunu» est une célèbre chanson de la lutte anti-apartheid qu’il a remise au goût du jour et dont les paroles visent les fermiers blancs, ou plus généralement les Afrikaners (Blancs d’origine hollandaise) taxés dans la chanson de «violeurs» et «voleurs».

Selon les partisans de Malema, dont une centaine s’était rassemblés devant le tribunal, ce chant, inoffensif, appartient à l’histoire du pays et ne visait personne en particulier, mais le système de l’apartheid en général.

«Ces paroles sont insultantes, déshumanisantes», a répondu le juge du tribunal. Depuis la fin de l’apartheid en 1994, «l’ennemi est devenu l’ami, le frère. Les membres de la société doivent accepter tous les citoyens comme leurs frères» et «cette nouvelle approche doit être encouragée», a-t-il ajouté.

Julius Malema, 30 ans, est également poursuivi pour indiscipline par son parti dont il se démarque par des prises de position populistes qui font mouche auprès des laissés-pour-compte de l’Afrique du Sud post-apartheid, des millions de Noirs sans travail, dont beaucoup n’ont pas connu l’apartheid de leur vivant.

Samedi, il a lancé une nouvelle salve contre la «minorité blanche» qui domine encore l’économie sud-africaine annonçant «la guerre», promettant de «marcher sur la bourse de Johannesburg» et traitant les fermiers blancs de «criminels» qui «ont volé notre terre», à l’occasion du 67e anniversaire de la Ligue de jeunesse.

Malema peut compter sur le soutien de Winnie Madikizela-Mandela, l’ex-femme de Nelson Mandela. Il n’a pas assisté à la lecture du jugement.