élysée 2012

Tulle attend que «François» devienne président

Tulle, futur haut lieu de la vie politique française? Le candidat socialiste est dans son fief depuis samedi. C’est là qu’il a prévu de réagir aux résultats, ce soir à 20h00. Reportage

La campagne a commencé à Tulle, et elle s’y achève. C’est dans la ville aux sept collines, qui s’étend le long des méandres de la Corrèze que François Hollande a annoncé sa candidature à la primaire socialiste fin mars 2011. C’est là qu’il a voté ce matin à 10 heures 30, là encore dans son bureau du Conseil général, qu’il va attendre les résultats de l’élection présidentielle. Là enfin qu’il fera sa déclaration ce soir, sur la place de la cathédrale, peu après 20 heures.

Les week-ends d’élection et celui-ci plus que jamais, le député de Corrèze, ancien maire de cette ville de 15 000 habitants, obéit au même rituel. Le samedi matin, déambulation au marché, celui de la gare puis celui de la cathédrale. Dimanche matin, vote dans son local à la salle Marie-Laurent, puis visite de plusieurs autres bureaux, de celui qui lui est le plus favorable à celui qui l’est le moins. Pour déjeuner, pause au Central, célèbre établissement de la famille Poumier, dans lequel Jacques Chirac avait aussi ses habitudes.

Partout où « François » se rend, des Tullistes l’attendent. Lui serrent la main, l’embrassent, l’encouragent, lui font signer des autographes. Lui disent qu’il faudra revenir s’il est élu. Sylvie, qui vit maintenant à Brive, a fait le déplacement tôt ce matin, après avoir elle-même voté. « J’adore François Hollande, c’est lui m’a mariée le 23 août 2003, quand il était maire », raconte-t-elle. « J’ai une photo où nous sommes avec lui, il est simple, sympa, pas fier du tout ».

« La Corrèze, c’est un nid à présidents !», poursuit un Tulliste. « Oui, on produit des présidents de la république et des cèpes », plaisante Ali, éducateur spécialisé à la retraite, faisant référence non seulement à Jacques Chirac, mais également à Henri Queille, plusieurs fois président du Conseil sous la 4e République. « Et Georges Pompidou venait du Cantal, ce n’est pas bien loin! », explique un partisan de l’UMP qui s’est glissé dans la foule devant le bureau de vote.

Ils sont peu nombreux à Tulle, les électeurs qui avouent pencher pour Nicolas Sarkozy. Au premier tour, la ville a voté à 56% pour « Monsieur le Président »…du conseil général, comme s’amusent à l’appeler ses habitants facétieux. « François mérite d’être élu, ajoute Ali, qui le connaît bien. C’est un homme intègre, il est vrai. Il trace son sillon à la corrézienne, petit à petit sans dévier de son but.» Christine, enseignante, est aussi une proche: «Peut-être qu’avec lui, on va plus écouter les gens vrais et moins les anguilles. Ici c’est une terre riche et authentique et cela se reflète dans les personnalités. » Même si François Hollande n’est pas né dans le Limousin, il a totalement été adopté par son fief. « Il est de la famille », dit-on en saluant ses qualités humaines.

La journée se poursuit. A midi, une nuée de photographes et de cameramen forment une haie d’honneur à la sortie du bureau de vote, installé dans la mairie de Tulle, imposante bâtisse en surplomb de la ville. François Hollande sort du bâtiment, sa compagne Valérie Trierweiler au bras, vêtue d’un long manteau crème. Tous deux sont détendus, souriants, l’image est belle. A la mi-journée, le socialiste a l’air confiant et serein.

Il est toujours aussi souriant lorsqu’il s’arrête pour déjeuner au Central, à 14 heures, provoquant la cohue sur son passage, avant de repartir vers 16 heures faire un tour dans d’autres communes.

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