Le principal suspect de l’attentat au camion-bélier à Berlin, le Tunisien Anis Amri, a été tué en Italie vendredi après plus de trois jours de chasse à l’homme européenne.

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«Très mobile» selon les autorités allemandes, ce Tunisien de 24 ans s’était installé en Allemagne en juillet 2015, après avoir séjourné quatre ans en Italie. Lors de sa fuite, Anis Amir serait également passé par la France. Retour sur le parcours de l’auteur présumé de l’attaque revendiquée par le groupe Etat islamique.

En 2011, il fuit la Tunisie pour se rendre en Italie

Quand la révolution tunisienne éclate et renverse en janvier 2011 le dictateur Zine el-Abidine Ben Ali, Anis Amri a tout juste 18 ans. Sous le coup d’une condamnation par contumace de quatre ans de prison pour vol et cambriolage, il profite du désordre ambiant, comme des milliers de ses compatriotes, pour prendre la mer en mars et rejoindre la petite île italienne de Lampedusa. Il ment sur son âge pour être considéré comme mineur non accompagné et est transféré en Sicile.

En Italie, il bascule de nouveau dans la délinquance. Arrêté avec des amis pour avoir incendié une école, il écope de quatre ans de prison et loin d’être un détenu modèle, il ne bénéficie d’aucune remise de peine. C’est sans doute dans l’un des pénitenciers par lequel il est passé qu’il s’est radicalisé, selon la presse italienne, un phénomène classique en Europe.

En 2015, il rejoint l’Allemagne

A sa libération, la Tunisie refusant de le reprendre, l’Italie lui ordonne de quitter le territoire et il rejoint en juillet 2015 l’Allemagne. Au même moment, des centaines de milliers de migrants fuient le conflit syrien par la route des Balkans. Profitant de la situation, il s’enregistre dans plusieurs villes allemandes. Ces demandes d’asile sont toutes rejetées.

Malgré une procédure d’expulsion enclenchée, Anis Amri continue de circuler librement. La Tunisie refuse de le reconnaître comme l’un de ses ressortissants, ce qui freine la procédure de reconduite à la frontière.

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Connu de longue date de la police allemande pour ses liens avec la mouvance salafiste et islamiste, classé «dangereux» et disposant de plusieurs identités, il avait même été visé par une enquête pour «préparation d’un acte criminel grave représentant un danger pour l’Etat» et surveillé par la police berlinoise de mars à septembre. A Berlin, l’affaire est finalement classée, faute d’éléments probants.

En fuite, il est abattu par la police à Milan

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Amri a été repéré devant la gare milanaise de Sesto San Giovanni par une patrouille de police, qui l’a arrêté alors qu’il se comportait de manière «suspecte». L’homme a été abattu lors de ce contrôle de routine car il a sorti «sans hésiter une arme et a tiré sur l’agent qui lui avait demandé ses papiers», a indiqué le ministre italien de l’Intérieur Marco Minniti.

Un ticket de train français a été retrouvé dans son sac à dos, montrant qu’il était auparavant monté dans un train à Chambéry, dans le nord des Alpes françaises, et était passé par Turin avant d’arriver dans la nuit à Milan, selon les médias allemands. On ignore pour l'heure si le djihadiste a séjourné en Suisse. L'Office fédéral de la police (fedpol) mène des éclaircissements sur ce point, a-t-il indiqué.

Anis Amri, 24 ans, faisait l’objet depuis mercredi minuit d’un avis de recherche à l’échelle européenne après que son document d’identité et son portefeuille ont été retrouvés dans la cabine du camion-bélier. Pour le ministère de l’Intérieur allemand, la mort du principal suspect de l’attentat est un «soulagement».