Plusieurs incidents ont eu lieu lundi 10 août à l’aube à Istanbul, alors que la Turquie est toujours placée en état d’alerte. Au moins dix personnes, dont trois policiers, ont été blessées dans l’explosion d’un véhicule devant un commissariat du quartier de Sultanbeyli. Des affrontements avec la police se sont poursuivis toute la nuit, et deux personnes, présentées par la police comme des auteurs présumés de l’attaque, ont été tuées lundi matin, selon l’agence de presse Dogan.

Quelques heures plus tard, une fusillade éclatait devant le consulat américain, toujours à Istanbul. La police a arrêté l’un des deux auteurs des coups de feu, selon l’agence officielle turque Anatolie. Il s’agirait d’une femme blessée lors de la fusillade, selon les médias turcs. Puis quatre policiers ont été tués par un engin explosif sur une route dans le sud-est du pays.

Les représentations diplomatiques américaines en Turquie ont déjà été prises pour cible par le passé. Le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), dont les membres font partie des personnes arrêtées au cours des dernières semaines, a revendiqué la responsabilité d’une attaque-suicide contre l’ambassade des Etats-Unis à Ankara en 2013.

Pas de revendication pour l’heure

Une attaque à la bombe, qui a visé un commissariat du quartier de Sultanbeyli, à Istanbul en Turquie, a provoqué un incendie qui a fait s’effondrer une partie du bâtiment.

Les deux attaques n’ont, pour l’heure, pas été revendiquées. Mais elles interviennent alors que la Turquie a mené une série d’arrestations et de bombardements contre les Kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et des partis d’extrême gauche.

Ankara s’est également pleinement engagée dans la lutte contre l’Etat islamique (EI) en autorisant l’armée américaine à utiliser ses bases aériennes situées à proximité de la frontière pour mener des frappes en Syrie. Dimanche, les Etats-Unis y ont pour la première fois déployé des chasseurs F-16, ainsi qu’un contingent de 300 militaires.

Les Etats-Unis encouragent la Turquie à accentuer la lutte contre l’EI. Le pays s’est longtemps montré réticent à agir, mais cette position a radicalement changé après l’attentat-suicide de Suruç (Sud), le 20 juillet, qui a tué trente-deux personnes et a été attribué au groupe extrémiste.

Depuis, la Turquie a mené une série de raids aériens, qui se sont de fait concentrés sur le PKK, seuls trois d’entre eux ayant été officiellement signalés contre l’EI. Les raids d’Ankara ciblent également des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l’Irak, où ils auraient déjà tué près de 400 rebelles.