Migrations

La Turquie veut son exemption de visas, l'UE le respect de l'accord migratoire 

La Turquie est «le meilleur exemple» en ce qui concerne le traitement des réfugiés, a estimé le chef du Conseil européen Donald Tusk ce samedi soir en Turquie, où Angela Merkel et d'autres leaders de l'UE se sont rendus pour sauver l'accord migratoire

Une visite emblématique. Angela Merkel, accompagnée du président du Conseil européen Donald Tusk et du commissaire européen Frans Timmermans, s'est rendue samedi après-midi à Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, où de jeunes réfugiées syriennes lui ont offert des fleurs.

Accueilli par le premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le trio a visité sous d’importantes mesures de sécurité un camp de réfugiés à Nizip, petite ville proche de la frontière syrienne. Ouvert en 2013, ce camp accueille dans des préfabriqués près de 5000 réfugiés syriens, dont 1900 enfants, selon les chiffres du gouvernement turc.

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Le déplacement des dirigeants européens en Turquie samedi est intervenu trois semaines après le renvoi dans ce pays des premiers migrants de Grèce dans le cadre d'un accord controversé conclu le 18 mars entre Bruxelles et Ankara visant à dissuader les passages clandestins en Europe, confrontée à sa pire crise migratoire depuis la Deuxième Guerre mondiale.

La Turquie, premier pays d'accueil. A l'arrivée de la chancelière allemande, des jeunes Syriennes vêtues en blanc lui ont offert un bouquet de fleurs, alors qu'Angela Merkel était entourée de plusieurs dizaines de gardes du corps. Une banderole au-dessus de la porte grillagée du camp proclamait: «Bienvenue en Turquie, le pays qui accueille le plus de réfugiés au monde» (2,7 millions). Des dizaines d'enfants étaient agglutinés derrière le grillage.

«Nous avons des écoles et des hôpitaux, la vie est bonne ici. Mais on veut savoir quel est notre avenir. Si la guerre se termine aujourd'hui, je rentre demain en Syrie», a déclaré un migrant de 49 ans qui a fui Damas avec sa femme et ses quatre enfants.

Au terme de cette visite, les dirigeants européens et M. Davutoglu ont inauguré sous les applaudissements un centre de protection abritant des enfants syriens, construit avec des fonds européens.

Ankara exige son exemption de visa. L'exemption de visa pour les Turcs, un engagement figurant dans le cadre d'un accord controversé conclu avec l'UE sur les migrants, est d'une importance «vitale» pour la Turquie, a ensuite déclaré samedi son premier ministre Ahmet Davutoglu, à l'issue de la visite des Européens, au cours d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel. 

M. Davutoglu s'est dit «confiant» dans le fait que l'UE fera le nécessaire à ce sujet qui, a-t-il dit, est «une promesse du gouvernement (turc) à son peuple».

Bruxelles doit se prononcer sur la levée des visas pour les Turcs début mai. Or, cette condition est non négociable pour Ankara, qui a donc fait monter la pression et menace de se retirer de l'accord sur les réfugiés si elle n'était pas appliquée.

Ahmet Davutoglu avait prévenu lundi que la Turquie ne serait plus tenue de respecter l'accord si les Européens ne tenaient pas leur promesse sur les visas d'ici à la fin juin.

La Turquie, pays très sûr pour l'UE. Le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé samedi que la Turquie était «le meilleur exemple» en ce qui concerne le traitement des réfugiés, lors de la conférence de presse de clôture de la visite.

«Aujourd'hui la Turquie est le meilleur exemple, pour le monde, sur la manière dont nous devrions traiter les réfugiés», a déclaré M. Tusk. Nombre d'ONG, dont Amnesty International, estiment au contraire que la Turquie ne peut pas être considérée comme un pays sûr pour les réfugiés.

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