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Sur Twitter, une «alliance rebelle» d’employés de la NASA résiste à Donald Trump

Des employés de plusieurs agences fédérales s’inquiètent des premières mesures du président Trump. Notamment au sujet de l’environnement. Une galaxie de comptes Twitter rebelles dénonce une forme de censure

La communauté scientifique tremble depuis l’investiture de Donald Trump. Nomination d’un climatosceptique à la tête de l’Agence de l’environnement, relance de projets d’oléoducs décriés, disparition de la page consacrée au changement climatique sur le site de la Maison-Blanche, les alertes se multiplient.

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En réaction à ces mesures fortes, une «alliance rebelle» composée d’employés d’une demi-douzaine d’agences gouvernementales s’est formée sur les réseaux sociaux. Une galaxie de comptes Twitter officieux – reprenant noms et logos des organisations officielles – dénonce une forme de censure exercée par la nouvelle administration, raconte le quotidien britannique «The Independent».

«Vous pouvez compter sur nous»

«Si, pendant quatre ans, il faut publier des faits et des informations sur des comptes Twitter officieux, vous pouvez compter sur nous», promet un message posté sur le compte @RogueNASA, accompagné du hashtag «resist». Le mot des opposants à Donald Trump. «Les comptes Twitter rebelles sont drôles, mais les employés du gouvernement et les scientifiques ont peur d’être licenciés s’ils osent parler et partager des faits», ajoute ce même compte.

Le ton est semblable sur le faux profil Twitter du National Park Service, l’agence en charge des parcs et monuments nationaux du pays. «Vous pouvez confisquer notre compte officiel, mais vous ne confisquerez jamais notre temps libre!» indique un message. «Hâte que le président Trump nous appelle FAKE NEWS», ironise un employé de l’organisation, qui préfère rester anonyme, dans un autre tweet.

Des frondeurs qui risquent gros

Leur action fait grand bruit, mais leur discrétion est totale. Ces frondeurs prennent un risque considérable en s’opposant à la politique de Donald Trump, comme le souligne le compte @RogueNASA dans une série de tweets. «Beaucoup de personnes ont peur de perdre leur emploi. Et pour elles, nourrir leur famille l’emporte sur la création d’un compte Twitter.» Aux Etats-Unis, le «Hatch Act of 1939» interdit à tout employé fédéral de s’engager dans des activités politiques partisanes. Pour éviter toute contre-attaque des autorités, les deux administrateurs du compte Twitter assurent ne pas être des employés du gouvernement.

L’inquiétude est grande. La semaine dernière, l’équipe du National Parks Service a reçu l’ordre d’arrêter de tweeter. La raison? Un employé de l'organisation a partagé des messages sur la faible participation des Américains à la cérémonie d’investiture de Donald Trump. Un message retweeté par l'agence, avant d'être supprimé.

«Nous avons besoin de vous pour rester forts»

D’autres agences assurent avoir reçu des instructions similaires, selon le «Los Angeles Times». C'est le cas de l'Agence de l'environnement. Lundi, un courriel interne a été adressé à tous les employés les intimant de ne plus rien publier sur les réseaux sociaux.

Les chercheurs interprètent ces décisions comme des attaques contre la science. Un compte «non censuré» de l’Agence de l’environnement, tenu par des opposants à Donald Trump, a vu le jour. Il rassemble plus de 42 000 abonnés. «Nous devons le respect aux fonctionnaires qui s’opposent de l’intérieur à cette nouvelle administration. Nous avons besoin de vous tous pour rester forts.» Au total, près de cinquante comptes Twitter s'inscrivent dans cette démarche de résistance, selon une liste qui les recense.

Le compte @RogueNASA appelle ses abonnés à participer à la marche des scientifiques prévue en mars à Washington. «Si vous ne pouvez pas vous rendre à Washington, pensez à organiser une marche de la science dans votre ville!» La résistance compte bien se faire entendre, cette fois dans la rue.

Lire aussi: L’article de The Independent

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