Vendredi, l’annonce du Prix Nobel de la paix a été accueillie en Ukraine avec un mélange de fierté et de consternation. «Prix Nobel, va te faire foutre!», pianote de rage Viktor, programmateur dans un festival de cinéma kiévien, signe que quelque chose ne va pas, alors que l’Ukraine reçoit son premier Prix Nobel en trente ans d’indépendance. D’ailleurs, la plupart des commentateurs saluent cette distinction du Centre des libertés civiques – cette ONG créée à Kiev en 2007, dirigée par l’infatigable et courageuse Oleksandra Matviichuk – partagée avec l’ONG russe Memorial et le militant pro-démocratie biélorusse Alès Bialiatski.