Annoncé en premier par le président américain, Donald Trump, sur Twitter, cet accord verra Israël mettre fin à ses projets d'annexion en Cisjordanie occupée, selon les Emirats. Il ferait des Emirats arabes unis le troisième pays arabe avec lequel Israël entretient des relations diplomatiques après ses accords de paix avec l'Égypte (1979) et la Jordanie (1994).

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Le plan controversé du président des Etats-Unis, dévoilé en janvier, offrait à Israël la possibilité d'annexer des territoires et des colonies juives de Cisjordanie, considérés comme illégales au regard du droit international. «Une énorme avancée», a tweeté jeudi le président des Etats-Unis, qui l'a qualifiée d'«accord de paix historique entre nos deux grands amis».

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a déclaré qu'il s'agissait d'un «jour historique» en réponse aux tweets de Donald Trump sur l'accord. Il fera une déclaration à la télévision israélienne à 17H00 GMT.

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Plus de territoires annexés

Israël a accepté de «mettre fin à la poursuite de l'annexion des territoires palestiniens» dans le cadre du plan de normalisation des relations, a tweeté le prince héritier d'Abu Dhabi. «Lors d'un appel entre le président (américain Donald) Trump et le Premier ministre (israélien Benyamin) Netanyahu, un accord a été trouvé pour mettre fin à toute annexion supplémentaire de territoires palestiniens», a affirmé Mohammed ben Zayed Al-Nahyane sur son compte Twitter.

L'accord est une «victoire» pour la diplomatie, a commenté pour sa part l'ambassadeur des Emirats arabes unis à Washington, Youssef al-Otaïba sur Twitter. «L'annonce d'aujourd'hui est une victoire pour le région et pour la diplomatie», a-t-il écrit. «C'est une avancée pour les relations entre Israël et les pays arabes», a-t-il ajouté, soulignant que l'accord «préserve l'option de deux Etats (israélien et palestinien), défendue par la Ligue arabe et la communauté internationale».

Dans le même sens, le ministre d'Etat aux Affaires étrangères des Emirats, Anwar Gargash a souligné que l'accord ouvre la voie à l'option de deux Etats. «La plupart des pays y verront une initiative courageuse pour garantir une solution à deux Etats, à l'issue de négociations», a-t-il déclaré en conférence de presse. Il n'a pas voulu donner de date précise pour l'ouverture d'ambassades disant toutefois que cela interviendrait «prochainement».

L'option de deux Etats a été ignorée jusqu'ici par le président Trump dont le plan de paix ne comporte aucune référence à un Etat palestinien vivant aux côtés d'Israël.

Eviter une «annexion unilatérale»

De son côté, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays, un allié des Emirats et des Etats-Unis, est l'un des deux Etats arabes avec la Jordanie, à avoir signé un accord de paix avec Israël, a salué le compromis entre Abou Dhabi et Israël. En revanche, le Hamas a condamné et rejeté cet accord qui «ne sert pas la cause palestinienne mais est considéré comme une continuation du déni des droits du peuple palestinien», a déclaré à l'AFP Hazem Qassem, porte-parole du mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza.

De son côté, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a convoqué une «réunion d'urgence» jeudi soir du leadership palestinien pour discuter de la normalisation des relations entre Israël et les Emirats.

Ces dernières années, Israël a développé une coopération officieuse avec des économies régionales comme Bahreïn, les Emirats et l'Arabie saoudite, avec lesquels il cherche à normaliser ses relations. «La gauche israélienne et mondiale a toujours dit qu'on ne peut pas faire d'accord de paix avec les pays arabes sans la paix avec les Palestiniens (...) Pour la première fois dans l'histoire, Benyamin Netanyahu a brisé ce paradigme», a réagi son parti, le Likoud. L'annonce de la normalisation avec les Emirats arabes unis permet «d'éviter» une «annexion unilatérale», a d'ailleurs commenté sur Twitter le chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkenazi, membre du parti centriste Bleu Blanc.