Union européenne

Un accord trouvé entre la Turquie et l'Europe pour régler la crise des migrants

Ankara s'engage à reprendre les réfugiés partis de la Turquie en Grèce dès ce dimanche. En retour, l'UE se montre plus flexible sur les demandes turques, notamment sur la libéralisation des visas et l'ouverture des négociations en vue d'une adhésion à l'Union

L'Union européenne (UE) et la Turquie allaient vers un accord vendredi après-midi, dont l'objectif principal est d'endiguer le flux des réfugiés vers l'Europe. A partir du 20 mars 2016, Ankara acceptera le retour de tous les réfugiés arrivés en Grèce à partir de son territoire. En contre-partie, les dirigeants européens accepteraient d'ouvrir un chapitre de négociations en vue de l'adhésion turque à l'UE. Il s'agirait de celui qui porte qui la politique budgétaire et ne fait l'objet d'aucun veto. Au-départ, la Turquie avait demandé l'ouverture de cinq chapitres, mais Chypre, dont la partie nord est encore occupée par l'armée turque, n'a pas donné son feu vert.

Début de l'opération: dimanche 20 mars

Au terme du texte agréé, la mise en oeuvre du renvoi de tous les migrants vers la Turquie «commencera le 20 mars», a-t-on indiqué de source européenne . «Tous les migrants arrivant après cette date seront renvoyés, bien sûr après un traitement individuel» de leur cas, a-t-on poursuivi. Ce qu'a confirmé dans un tweet le premier ministre tchèque.

Lire: Tous les migrants seront renvoyés vers la Turquie à partir du 20 mars

Autre point: l'UE accélérerait le déboursement des 3 milliards d'euros qu'elle a mis à disposition pour aider à l'amélioration des conditions de vie des réfugiés en Turquie. Des projets concrets seront identifiés dès la semaine prochaine.

Enfin, l'UE s'engagerait à libéraliser le régime de visa pour les citoyens turcs voulant voyager dans l'espace Schengen à partir de juin prochain. Ankara devra au préalable satisfaire à 72 exigences posées par l'UE dont la principale consiste à émettre des passeports biométriques. 

Le sommet UE-Turquie qui se poursuit encore ce vendredi après-midi fait suite à celui du 7 mars dernier où les deux parties s'étaient entendu sur un accord de principe pour la gestion commune des flux migratoires. Le projet d'accord a fait l'objet de plusieurs séances de négociations d'une part entre les Vingt-Huit et d'autre part entre le président du Conseil européen Donald Tusk et le premier ministre turc Ahmet Davitoglu.

Lire: Les Vingt-Huit réduisent leur offre à la Turquie

L'an dernier, quelque 1,2 million de Syriens, d'Irakiens et Afghans sont arrivés en Europe, dont 800 000 ont transité par la Turquie. Quelque 2,7 millions de réfugiés se trouvent toujours en Turquie et qui, à l'arrivée du printemps et de l'été, seraient tentés de prendre la route vers l'Europe. Et tout état de cause, le flux migratoire a posé d'innombrables défis à l'UE, jusqu'à mettre en cause la construction européenne. Les Vingt-Huit sont en effet très divisés sur la stratégie à adopter face aux migrants. Alors que certains pays comme l'Allemagne, la Suède et l'Autriche se sont montrés généreux, d'autres ont préféré construire des murs.

Du côté des Turcs, la crise des réfugiés en Europe leur a donné une occasion de redéfinir leur relations avec l'UE. C'est dans ce contexte qu'ils ont exigé la libéralisation des visas et l'ouverture des négociations en vue d'une adhésion à l'UE.

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