Né en 1986 à New York de parents afghans, Omar Seddique Mateen a travaillé pour une entreprise de sécurité, G4S, menant une vie apparemment sans histoire. Détenteur d’un diplôme en technologie dans le domaine de la justice pénale obtenu à l’Indian River State College à Fort Pierce en Floride, il a toujours rêvé de devenir un officier de police. Or à deux heures, dimanche matin, il a commis le pire attentat terroriste aux Etats-Unis depuis les attaques du World Trade Center le 11 septembre 2001 dans un club gay d’Orlando. Avant de provoquer ce bain de sang, il a pris soin d’appeler le numéro d’urgence 911 pour annoncer qu’il prêtait allégeance au leader du groupe djihadiste de l’État islamique, Abou Bakr al-Bagdadi. Il a aussi fait mention des attentats perpétrés par les frères Tamerlan et Djokhar Tsarnaev lors du marathon de Boston d’avril 2013. Lundi, Barack Obama a toutefois laissé entendre qu’il n’y avait pas de liens organiques entre l’EI et le tueur présumé. «Il apparaît que le tueur a été inspiré par différentes publications extrémistes disséminées sur Internet. […] Il n’y a pour l’heure aucune preuve manifeste qu’il a été téléguidé de l’extérieur», a précisé le président.

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Si son père suit de façon passionnée la politique afghane, soutenant les talibans et critiquant sévèrement l’actuel président Ashraf Ghani, Omar Seddique Mateen avait un casier judiciaire vierge. Mais il a déjà attiré l’attention du Federal Bureau of Investigation (FBI). En 2013, il aurait fait croire à ses collègues de travail qu’il avait des liens avec des terroristes. L’interrogation ne déboucha sur aucune information probante. En 2014, nouvelle alerte. Le FBI croit avoir identifié des contacts entre Omar Seddique Mateen et Moner Mohammad Abusalha, le premier djihadiste américain à avoir commis en 2014 un attentat suicide en Syrie. Le premier habitait à Port Saint Lucie, à moins de deux kilomètres de la dernière adresse du djihadiste qui étudia lui aussi à l’Indian River State College. Là encore, fausse alerte. Omar peut reprendre son travail d’agent de sécurité et conserver son permis de port d’armes qui lui permettra d’acheter quelques jours avant la tuerie d’Orlando le fusil d’assaut et le pistolet qu’il a utilisés pour abattre plus de cent personnes.

Adepte de body-building, n’hésitant pas à diffuser plusieurs selfies sur les réseaux sociaux dont Myspace, Omar Seddique Mateen était un être religieux qui se rendait entre trois et quatre fois à la mosquée du coin. Gilroy, un ancien collège de travail à G4S, juge Omar «asocial» et souligne, dans le Miami Herald, que ce dernier n’arrêtait pas de jurer contre les gays et les Afro-Américains. Il en avait averti sa hiérarchie au travail. En vain. Samuel King, une drag-queen, n’a pas caché son étonnement en apprenant la nouvelle du drame d’Orlando. Il a connu Omar et se voyait de temps en temps. Il ne lui était pas apparu à l’époque anti-gay.

L’ex-épouse d’Omar Seddique Mateen lève une autre partie du voile sur la personnalité du tueur présumé. Interviewée par les médias américains, la jeune femme qui a émigré d’Ouzbékistan aux Etats-Unis en 2000 a rencontré Omar en 2008 sur le site Myspace. Les deux se marieront en 2009. Mais rapidement, le jeune marié change de comportement, met la main sur les revenus de la jeune femme, l’interdit d’appeler ses parents et la bat, même quand elle dort. Elle divorcera en 2011. Répondant au FBI dimanche, elle a été catégorique: son ex-mari était «mentalement instable».