Un marché d'Afrin, ville du nord de la Syrie tenue par l'armée turque et des forces supplétives syriennes, a été touché par un attentat au camion-citerne piégé, mardi, tuant au moins 45 personnes. L'explosion du camion chargé de carburant, sur lequel une bombe a été placée, a tué «au moins 46 personnes, dont des civils, et blessé 50 autres», a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). 

Le bilan pourrait être revu à la hausse car il y a de nombreux «cas critiques» parmi les blessés, a souligné le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Au moins six combattants syriens alliés à Ankara figurent parmi les victimes, a précisé l'ONG, tout comme 11 enfants.

Ankara attribue l'attaque à une milice kurde 

Fournissant un bilan plus élevé, le ministère de la Défense turc a attribué, sur Twitter, l'attentat à la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) et leurs alliés. «Des actes aussi lâches et maléfiques sont inacceptables, de quelque camp que ce soit dans ce conflit», a commenté la porte-parole du département d'Etat américain, Morgan Ortagus.

L'attaque, qui n'a pas été revendiquée, est la plus meurtrière depuis des mois dans les territoires du nord de la Syrie tenus par les supplétifs syriens d'Ankara. Ces zones sont régulièrement secouées par des attentats similaires ou des assassinats ciblés. Située dans la province d'Alep, la région kurde d'Afrin avait été conquise en mars 2018 par des forces turques et leurs supplétifs syriens, qui en avaient délogé les YPG.

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La région accueille aujourd'hui des milliers de civils qui y ont été installés après avoir été contraints d'abandonner d'anciens bastions rebelles reconquis par le régime de Damas. D'après l'ONU et Amnesty International, des expropriations et autres abus sont commis dans l'enclave, notamment par les supplétifs syriens. En janvier, au moins sept personnes ont été tuées dans l'explosion d'une voiture piégée à Azaz, une ville de la province d'Alep tenue par des forces syriennes proturques, selon l'OSDH.