Un kamikaze au moins a fait exploser sa voiture piégée peu après l’aube devant un complexe qui abritait des commerces et des résidences hôtelières. Selon des témoins, deux autres explosions, plus faibles, ont retenti et la police a assuré avoir abattu deux autres kamikazes.

Des échanges de tirs ont ensuite été entendus dans ce quartier commerçant en plein centre-ville, mais relativement déserté en ce vendredi, jour chômé en Afghanistan. «Le bilan est de 16 morts, dont un Italien et trois policiers afghans», a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Zemaraï Bashary. Un précédent bilan avait évoqué 17 morts.

L’attaque s’est produite à proximité de la résidence hôtelière Park Residence, qui compte de nombreux Indiens parmi son personnel et des clients étrangers.

A Paris, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a annoncé «qu’un Français, de passage à Kaboul», avait été tué.

Un Italien figure parmi les personnes décédées, selon M. Bashary. Cet homme, client du Park Residence, était en contact téléphonique avec la police afghane juste après l’explosion quand il a été tué par balles par les assaillants, a expliqué le général Abdul Rahman, le chef de la police de Kaboul. «C’était un homme courageux».

Un médecin d’un hôpital militaire a assuré qu’un Indien figurait également parmi les morts. L’ambassade indienne n’a pu confirmer, se contentant d’évoquer six blessés parmi ses ressortissants, mais aussi deux ou trois personnes dont elle est sans nouvelles. «Un homme a fait exploser sa bombe» devant un complexe commercial qui comprend des résidences hôtelières, a expliqué M. Bashary.

«Nous revendiquons» l’attaque, a déclaré Zabihullah Mujahed, l’un des porte-parole des talibans. «Huit de nos combattants ont mené l’attaque, un a fait exploser sa voiture piégée devant un hôtel, deux autres ont également fait détoner leurs bombes, les autres sont toujours sur place», a-t-il assuré au téléphone.

L’insurrection des talibans s’est considérablement intensifiée et s’est étendue à la quasi-totalité du pays ces deux dernières années, frappant de plus en plus souvent dans Kaboul même, au moyen d’attentats suicide ou d’attaques de commandos.

La dernière remontait au 18 janvier, quand des insurgés lourdement armés et des kamikazes avaient attaqué un centre commercial en plein cœur de la capitale, tuant cinq personnes.

Cette nouvelle attaque survient alors que quelque 15 000 soldats des forces internationales et afghanes engagés depuis 13 jours dans une vaste offensive contre un des bastions des talibans dans la province du Helmand (sud), ont quasiment repris les lieux aux insurgés.

Jeudi, le drapeau afghan a été hissé à Marjah, une petite bourgade principale cible de l’opération Mushtarak (Ensemble), aux mains des talibans depuis deux ans, mais quelques combats sporadiques et des mines ralentissaient encore quelque peu la progression des forces internationales dans les environs.

Pour inverser le cours de la guerre, le président Barack Obama, dont les soldats composent deux tiers des forces internationales, a annoncé en décembre l’envoi de 30 000 soldats américains en renforts d’ici à l’été, qui seront rejoints par quelque 10 000 militaires d’autres pays de l’Otan.

Malgré la présence de 121 000 soldats des forces internationales pour l’heure, les actions de guérilla et les attentats des talibans déciment de plus en plus de militaires étrangers. Après 520 morts en 2009, de très loin l’année la plus meurtrière en huit ans de guerre, près de 100 soldats des forces internationales ont déjà péri en Afghanistan dans les deux premiers mois de 2010.