Le même jour, Paris a annoncé le renforcement de son dispositif militaire en Irak et a dévoilé l’identité d’un deuxième Français parmi les bourreaux du groupe Etat islamique (EI).

Le kamikaze a lancé peu avant midi son véhicule contre le principal point de contrôle établi sur la route menant au siège du gouvernement dans cette ville du nord de l’Irak, généralement épargnée par les violences. Le gouverneur de la province d’Erbil, Nozad Hadi, a confirmé ce bilan et accusé l’EI d’avoir mené cette attaque, bien qu’elle n’ait pas encore été revendiquée.

Dans un communiqué, le conseil de sécurité du Kurdistan a déclaré que l’afflux de plus d’un million de personnes fuyant les combats dans d’autres parties de l’Irak faisait peser une menace sur la sécurité de la région car des «terroristes» profitaient de l’occasion pour s’infiltrer parmi les réfugiés.

Pas assez d’aide

Mercredi toujours, le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a accusé les pays occidentaux ne pas fournir suffisamment d’armes lourdes pour aider ses peshmergas à lutter contre l’EI.

Sur le terrain, des avions de chasse français ont mené dans la nuit de mardi à mercredi un raid contre des positions des djihadistes pour ouvrir une brèche dans le siège de Kirkouk, a annoncé le ministère de la Défense. La France a également annoncé qu’elle allait déployer six avions Mirage de plus dans la région.

Deuxième Français identifié

Paris a identifié mercredi la présence d’un second Français de 22 ans parmi les djihadistes qui apparaissent sur une vidéo d’exécutions de prisonniers syriens diffusée dimanche.

Selon une source proche du dossier, il s’agit d’un homme de Villiers-sur-Marne, une localité de la banlieue est de Paris. Converti à l’islam, il a adopté le nom de guerre d’Abou Othman et se serait rendu en Syrie à l’automne 2013.

Le parquet a ouvert lundi une enquête préliminaire visant les deux hommes pour assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs criminelle. L’enquête a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Plus de 1100 Français sont impliqués dans les filières djihadistes et 376 d’entre eux sont actuellement présents en Syrie ou en Irak, selon les autorités françaises. Une quarantaine y ont déjà trouvé la mort.

Le FBI suit 150 ressortissants

Hormis les deux Français, les 16 autres combattants apparaissant à visage découvert dans la vidéo n’ont pas encore été identifiés. Certains ont un type occidental ou asiatique. La justice belge a indiqué qu’il n’y avait «aucun Belge» parmi ces bourreaux malgré la ressemblance frappante entre l’un des auteurs de cette atrocité et un jeune originaire de la banlieue de Bruxelles.

Pour sa part, le FBI suit la trace de 150 ressortissants américains qui ont gagné la Syrie ces derniers mois, probablement pour rejoindre des groupes islamistes, a déclaré mardi son directeur. Il a souligné que les Etats-Unis ne voulaient pas les voir revenir pour y mener «un nouveau 11 septembre».

Reproches d’Erdogan

Sur le plan diplomatique, le président turc Recep Tayyip Erdogan a reproché mercredi à Washington d’avoir refusé les conditions posées par Ankara à son entrée active dans la coalition antidjihadiste, sur fond de tensions bilatérales à la veille de la visite du vice-président américain Joe Biden.

La Turquie refuse catégoriquement d’intervenir militairement contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), par crainte de favoriser par ricochet le régime du président syrien Bachar al-Assad, sa bête noire.

Des hauts dignitaires musulmans, chrétiens et juifs ont eux condamné mercredi la violence des combattants djihadistes, à commencer par ceux de l’EI qui sévissent en Irak et en Syrie, lors d’une conférence inter-religieuse organisée à Vienne sous l’égide de l’Arabie saoudite.