Dimanche

Réouverture effective de l'aéroport. Un avion de la Brussels Airlines a décollé dimanche à destination de Faro (sud du Portugal) de l'aéroport international de Bruxelles, pour le premier vol depuis les attentats du 22 mars.

Le décollage de l'appareil a été salué par les applaudissements d'une cinquantaine d'employés de l'aéroport et de compagnies aériennes, qui juste auparavant avaient observé une minute de silence.

Ce premier vol «symbolique» 12 jours après les attentats contre l'aéroport et le métro de la capitale belge, qui ont fait 32 morts et 340 blessés, donne le coup d'envoi à la réouverture partielle de l'aéroport.

«C'est reparti» a lancé le PDG de Brussels Airport, Arnaud Feist, avant de faire, ému, une accolade au président de son conseil d'administration, Marc Descheemaecker. Certaines personnes ayant assisté à la cérémonie improvisée dans un garage à avion, en bordure de piste, ont essuyé une larme après que l'avion eut disparu dans le ciel bleu azur.

Avant de décoller, l'appareil bleu de Brussels Airlines a reçu les honneurs des services d'incendie et de police de l'aéroport, postés le long de la piste. 

Le hall de départs, dévasté par un double attentat suicide, n'est plus utilisable et une structure temporaire sous forme de grandes tentes blanches a été montée pour accueillir l'enregistrement des passagers.

Elle ne permet toutefois d'accueillir que 800 personnes par heure, soit 20% de la capacité normale. Les contrôles de sécurité, sur les véhicules, bagages et passagers, ont été renforcés.


 

Samedi

Au 12e jour après les attentats qui ont fait 32 morts à Bruxelles, la journée de samedi dans la capitale belge a été calme, marquée par des annonces sur l'aéroport, l'inculpation d'un 3e suspect lié à un projet d'attentat à Paris, et une manifestation à Molenbeek de défenseurs des droits de l'homme ou de militants d'extrême gauche venus prévenir une manifestation appelée par l'extrême droite «Génération identitaire» qui n'a finalement pas eu lieu.

Annonce de la réouverture partielle de l'aéroport. «Dès ce dimanche, Brussels Airport devrait être partiellement opérationnel», a déclaré son PDG Arnaud Feist, voyant dans la réouverture de l'aéroport «un signal d'espoir qui témoigne de notre volonté et de notre force pour surmonter cette épreuve et ne pas plier».Le hall des départs de l'aéroport a été frappé par un double attentat-suicide le 22 mars, suivi une heure plus tard par un attentat dans le métro. Ces attaques ont fait 32 morts au total.

La compagnie belge Brussels Airlines opérera dimanche après-midi trois vols à destination d'Athènes, Faro (Portugal) et Turin (Italie) qui «symbolisent un retour à la normale pour notre aéroport», un poumon de l'économie belge qui génère 20.000 emplois, dans 260 entreprises, a souligné M. Feist.

La reprise du trafic se fera ensuite «graduellement», avec l'accueil dès lundi de passagers à l'arrivée également, même si à ce stade l'aéroport ne peut tourner qu'à 20% de ses capacités normales en ce qui concerne les départs.

Les infrastructures temporaires montées après les attaques, de grandes tentes blanches, permettent d'enregistrer chaque heure quelque 800 passagers, ce qui représente en moyenne six vols.

Police à cran. Des mesures de sécurité supplémentaires ont été décidées à l'issue d'une concertation du gouvernement avec les syndicats de police, qui avaient agité jeudi soir la menace d'une grève si leurs revendications n'étaient pas entendues. L'aire de dépose-minute, qui longe le bâtiment des départs, est interdite d'accès. Seuls les passagers munis de billets et de documents d'identité pourront accéder, à pied, au hall d'enregistrement temporaire, et leurs bagages seront contrôlés avant qu'ils ne puissent y entrer. L'aéroport ne sera pas desservi par les transports en commun, uniquement par les voitures particulière ou les taxis.

Tourisme en berne. La fermeture de l'aéroport aux voyageurs (le trafic de fret avait rapidement repris), conjuguée à des annulations de dernière minute après les attentats, a pesé sur le secteur touristique. Ainsi, dans la région de Bruxelles, le taux d'occupation des hôtels a chuté de moitié depuis le 22 mars, selon un organisme professionnel.

Même si le métro n'a pas complètement rouvert, la vie a rapidement repris ses droits dans la capitale belge. Samedi, les magasins du centre-ville étaient ouverts et les rues animées en cette période de vacances scolaires.

Un troisième suspect inculpé. Alors que se préparait ce lent retour à la normale, la justice belge a inculpé samedi un homme de 33 ans pour «participation aux activités d'un groupe terroriste» dans le cadre de l'enquête sur un projet d'attentat «imminent» déjoué en France.

C'est le troisième homme inculpé en Belgique depuis l'arrestation le 24 mars en région parisienne de Reda Kriket, chez qui un important arsenal, dont des explosifs, a été retrouvé.

Lire: Attentat déjoué en France: un troisième homme inculpé en Belgique

Manifestation sous contrôle samedi, 2 gardes à vue seulement. Mais toute manifestation était interdite et la police a été déployée en nombre à proximité de la place de la Bourse, transformée en mémorial par les habitants après les attentats, et à Molenbeek, pointée du doigt comme un vivier de jihadistes en raison des liens de certains des commandos de Paris avec cette commune populaire de Bruxelles.

Quelques dizaines de manifestants d'ONG de défense des droits de l'homme et d'organisations d'extrême gauche avaient en effet appelé à manifester à la Bourse pour protester contre une descente de hooligans se présentant comme des «patriotes», rejoints par des groupuscules néo-fascistes, qui avait dégénéré dimanche dernier au même endroit.

La police a embarqué une douzaine d'entre eux, qui chantaient «nous sommes tous des enfants d'immigrés», selon une journaliste de l'AFP. A moins d'un kilomètre, les forces de l'ordre avaient déployé nombre de fourgons et de canons à eau, mais aussi un hélicoptère, pour éviter tout affrontement entre les jeunes de Molenbeek et des militants d'extrême droite, après un appel à manifester du groupuscule français Génération identitaire.

Au total, une centaine de personnes ont été brièvement interpellées, mais seulement deux placées en garde à vue.