C’est un très long chemin, parsemé de multiples rebondissements. S’il fallait lui trouver une origine, ce serait peut-être le Costa Rica, ce pays qui, le premier, avait renoncé à disposer d’une armée nationale, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.

En 1995, l’ex-président de ce pays et Prix Nobel de la paix, Oscar Arias, contacte notamment Amnesty International afin de lancer une campagne en vue d’un traité contraignant pour les Etats.

Progressivement, certains pays se rassemblent autour de la société civile qui, elle-même, augmente la pression. En 2004, surprise: la Grande-Bretagne se rallie aussi au mouvement. «C’était après la guerre d’Irak, et Tony Blair devait trouver un moyen de se sortir de ce faux pas», explique Brian Wood, d’Amnesty International, une organisation qui réunit notamment un million de photos et autant de visages de personnes favorables à l’adoption d’un traité.

Le processus entre dans sa phase diplomatique en 2006, lorsqu’une majorité d’Etats acceptent d’entrer en matière sur l’élaboration d’un traité. A l’époque, les Etats-Unis de George Bush sont fermement opposés à une telle démarche. Mais son successeur, Barack Obama, y consent à la condition que le texte d’un éventuel traité soit accepté par consensus, ce qui dans les faits laisse à son pays l’équivalent d’un droit de veto.

Il aura fallu ensuite trois ans de négociations formelles au sein des Nations unies avant d’arriver à la conférence de New York qui s’est ouverte le 2 juillet. Les délégations ont quatre semaines pour parvenir à un résultat. Mais, alors que plus de la moitié de ce délai s’est consumée dans des questions de simple procédure, toutes les options sont aujourd’hui ouvertes, de l’échec retentissant au succès, ou à une continuation du processus devant l’Assemblée générale de l’ONU.