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Le cardinal australien George Pell ce jeudi, peu avant sa conférence de presse.
© Redferns/Franco Origlia

Vatican

Un conseiller du pape inculpé pour pédophilie

Le cardinal australien George Pell, ministre de l’Economie du Saint-Siège et proche collaborateur de François, a été inculpé jeudi pour abus sexuels sur mineurs

Le cardinal George Pell, proche collaborateur du pape François, a été inculpé jeudi par la police australienne pour abus sexuels sur mineurs. Le préfet du Secrétariat pour l’Economie du Saint-Siège est le plus haut responsable de l’Eglise à être mis en cause pour pédophilie. Les faits remontent aux années 70, lorsque le prélat exerçait comme prêtre en Australie, et à la fin des années 90, alors qu’il était devenu archevêque de Melbourne. Il y a de «nombreux plaignants» concernant des «délits d’agressions sexuelles anciennes», a déclaré jeudi devant la presse le commissaire adjoint de la police de l’Etat de Victoria, Shane Patton. Ni le nombre de victime ni leur âge n’ont été communiqués.

Lire notre éditorial: Au Vatican, le poison du soupçon

Le cardinal australien de 76 ans est appelé à comparaître le 18 juillet prochain devant le tribunal de première instance de Melbourne. A Rome, George Pell a tout de suite convoqué une conférence de presse. Il s’est dit «innocent», a nié les faits, jugeant les accusations «fausses», et a regretté être la victime d’un «assassinat implacable». «L’idée même d’abus sexuels me révulse», a-t-il encore affirmé.

Une période de congé pour «nettoyer son nom»

Le procès pourrait être dans son cas l’occasion de «nettoyer son nom». L’ecclésiastique s’est ainsi vu accorder une période de congé par le pape François afin de rentrer dans son pays natal et de se défendre. George Pell a assuré avoir tenu le souverain pontife toujours informé.

Ces mots ont résonné dans la salle de presse du Saint-Siège à quelques mètres d’une place Saint-Pierre où se préparait la messe en la Solennité des saints Pierre et Paul présidée par François. Les nouveaux archevêques métropolitains nommés pendant l’année ainsi que les nouveaux cardinaux créés la veille étaient présents. Le cardinal accusé, dont la participation était attendue, ne s’est pas présenté à la célébration. Il n’apparaîtra plus lors d’événements ou de cérémonies publiques tant qu’il sera sous accusation.

Malgré la gêne, le Vatican lui a apporté son soutien. «Le Saint-Père, peut-on lire dans une note du Saint-Siège, a pu apprécier l’honnêteté du cardinal Pell durant ses trois ans de travail au sein de la Curie romaine.» Le pape a salué son «engagement énergique en faveur des réformes économiques et administratives» et a tenu à rappeler que le préfet «a depuis des décennies condamné ouvertement et de façon répétée les abus commis sur des mineurs».

Un membre du C9

En 2013, George Pell est nommé au sein du «C9», le groupe de cardinaux chargé de conseiller le pape dans la réforme de la Curie et du gouvernement de l’Eglise. L’année suivante, il est désigné «ministre» de l’Economie du Vatican. Ces nominations coïncident avec la naissance de la commission australienne d’enquête sur les crimes pédophiles. Très vite, il est soupçonné d’avoir couvert des abus sur mineurs commis dans son diocèse dans les années 70. Il est alors entendu par les enquêteurs à quatre reprises.

Une question se pose. Le pape était-il au courant de ces affaires lorsqu’il a nommé George Pell à ces postes exposés? François a commenté ces faits en août 2016, lors d’une conférence de presse dans l’avion lors de son retour de Cracovie, en Pologne: «Il ne faut pas juger avant que la justice ne juge. Une fois que la justice aura parlé, je parlerai.»

Tolérance zéro

Pourtant en première ligne dans la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise depuis le début de son pontificat, François est affaibli par d’autres scandales. L’affaire Barbarin d’abord, classée sans suite l’année dernière. Le cardinal français, archevêque de Lyon, était visé par deux enquêtes préliminaires pour ne pas avoir dénoncé des agressions sexuelles contre de jeunes scouts dans les années 80 et 90. Et il y a une semaine seulement, le pape lui-même a été mis en cause. Le quotidien Le Monde se demande s’il n’a pas couvert des prêtres pédophiles sévissant dans un institut argentin. Une association italienne de victimes tente de prouver qu’il a ignoré plusieurs alertes.

Malgré les résistances qu’il rencontre au sein du Vatican, François prône la tolérance zéro dans la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise. En 2014, il crée notamment une commission pontificale pour la protection des mineurs. Trois ans plus tard, l’une de ses membres, Marie Collins, victime d’un prêtre pédophile, démissionne. Elle dénonce «un manque de ressources» et une «résistance culturelle» de la Curie romaine face aux changements demandés. Cette lutte engagée au Vatican contre la pédophilie sera encore longue et mouvementée, comme le prouve à nouveau l’affaire Pell.

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