La question de l'augmentation des taxes d'étude est universelle. En Europe, elle se pose avec une acuité redoublée depuis l'admission que le système actuel, où l'étudiant ne paie qu'un écolage généralement fixe et très modeste (entre 1000 et 2000 francs suisses par an en moyenne sur le Vieux Continent), est intenable à long terme. La Convention de Bologne préconise de passer d'un système où l'Etat prend presque entièrement en charge le financement de l'enseignement supérieur, à un modèle anglo-saxon. Déjà la répartition des fonds publics en fonction des performances des établissements est à l'ordre du jour dans de nombreux pays.

Le projet britannique s'inspire de l'exemple australien, où l'étudiant participe à 20% des frais réels d'enseignement, et rembourse un emprunt de quelque 5000 francs par an une fois dans la vie active. La Nouvelle-Zélande et le Canada pratiquent de même. Le système américain, où les «fees» atteignent 50 000 à 60 000 francs par an, s'appuie sur deux siècles de tradition philanthropique défiscalisée, dominée par les trusts et les bourses privées.