Il était l’homme censé mettre fin au chaos à la Maison-Blanche. Il est désormais celui qui part avant d’avoir pu accomplir sa mission. Le secrétaire général John Kelly, 68 ans, quittera ses fonctions à la fin de l’année. Donald Trump a annoncé son départ samedi, sans préciser si le «chief of staff» vient d’ajouter son nom à la longue liste des limogés ou s’il a préféré lui-même claquer la porte de la Maison-Blanche.

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Selon plusieurs sources, l’homme, insatisfait dans son poste, s’apprêtait en fait à annoncer sa démission ces prochains jours. ll aurait déjà proposé de partir il y a plusieurs mois. Le récent livre du journaliste d’investigation Bob Woodward lui a attribué des propos peu amènes envers le président, révélant une certaine frustration. Il aurait une fois lâché: «On est chez les fous. Je ne sais même pas ce que l’on fait tous là. C’est le pire des boulots que j’aie jamais eus.» Et aurait qualifié le président d’«idiot». John Kelly s’est empressé de démentir ce dernier point.

«Un gars super»

Le secrétaire général était jusqu’ici un des plus proches conseillers de Donald Trump, connu pour sa rigueur, sa droiture et son pragmatisme. Général à la retraite, il était entré en fonction en juillet 2017, après avoir été ministre de la Sécurité intérieure pendant six mois. Le président américain a évoqué son départ avec des propos plutôt élogieux – «C’est un gars super» –, tranchant avec la manière dont il vient de qualifier son ex-secrétaire d’Etat Rex Tillerson, limogé il y a plusieurs mois – «bête comme ses pieds et extrêmement paresseux».

John Kelly a endossé ses habits de secrétaire général dans un contexte explosif, juste après le limogeage de l’ex-patron du FBI James Comey. Un limogeage qu’il avait d’ailleurs dénoncé. L’annonce de son départ intervient alors que Trump vient de nommer William Barr au poste de ministre de la Justice et Heather Nauert, une ex-présentatrice de Fox News, comme ambassadeur auprès des Nations unies. Il a également procédé à la nomination d’un nouveau chef d’état-major, le général Mark Milley, contre l’avis du ministre de la Défense, qui privilégiait un autre candidat.

Surtout, la longue enquête autour de l’ingérence russe dans la présidentielle de 2016, menée par le procureur indépendant Robert Mueller, continue de battre son plein. De nouveaux documents judiciaires publiés vendredi s’avèrent gênants pour Donald Trump.