Agé de 45 ans, Akiva Mafi, handicapé à la suite d’un accident survenu lors de son service militaire se déplaçait en fauteuil roulant.

Il s’est suicidé en s’aspergeant d’essence quelques heures avant les funérailles d’un autre Israélien Moshé Silman qui s’était immolé de la même façon à la fin d’une manifestation réclamant davantage de justice sociale le 14 juillet à Tel-Aviv.

Les parents d’Akiva Mafi avait affirmé aux médias qu’il avait suivi l’exemple de Moshé Silman. Selon eux, il se plaignait de ne pas recevoir suffisamment d’aide de la part des services sociaux et de l’armée ce qui l’avait plongé dans de très graves difficultés financières.

David Gilboa, de l’association des anciens combattants handicapés avait également indiqué peu après la tentative de suicide d’Akiva Mafi que les «circonstances qui l’ont amené à cet acte de désespoir sont financières».

«Les organismes qui étaient censés le soutenir, tels que le ministère de la Défense et l’Institut des assurances nationales, ont échoué dans leur mission. C’est exactement ce que nous dénonçons: le mépris et les traitement aberrants auxquels ont droit les anciens militaires handicapés qui ont tout donné pour leur pays», avait-il ajouté.

Recrudescence des menaces de suicides

Les médias ont fait état d’une récente recrudescence des menaces de suicides de la part de personnes en situation de détresse économique et sociale à la suite du geste de Moshé Silman.

La contestation sociale entamée l’an dernier en Israël dénonce la hausse vertigineuse du coût des logements ainsi que les inégalités croissantes dues en partie à une politique ultra-libérale suivie par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Avant de tenter de mettre fin à ses jours, Moshé Silman avait proclamé dans une lettre lue à haute voix: «J’accuse Israël, Benjamin Netanyahu et (le ministre des Finances) Youval Steinitz d’être responsables de l’humiliation constante que les citoyens d’Israël doivent endurer quotidiennement. Ils prennent aux pauvres pour donner aux riches».

En dépit du mouvement social, le gouvernement a adopté lundi un train de mesures d’austérité prévoyant notamment une augmentation d’un point de la TVA à 17% qui va toucher les classes les plus défavorisées.

Ces derniers mois cependant, les tentatives pour relancer la mobilisation n’ont rassemblé que quelques milliers de personnes, loin des manifestations de 2011 qui avaient culminé le 3 septembre à près d’un demi-million d’Israéliens dans les rues.