Le président Nicolas Sarkozy a affirmé que la tempête «Xynthia» qui a balayé dimanche la Vendée et la Charente-Maritime était «une catastrophe nationale, un drame humain avec un bilan épouvantable», lundi à l’Aiguillon-sur-Mer.

S’exprimant devant les élus de la commune, le chef de l’Etat a expliqué que «l’urgence c’est d’entourer les familles qui ont des disparus et des morts». «Ce n’est pas le moment de commencer les polémiques», a-t-il dit en appelant «chacun à considérer qu’aujourd’hui c’est le temps de l’urgence». Il a également annoncé le déblocage de 3 millions d’euros pour «faire face aux dépenses des victimes».

Plus tôt lundi, la Commission européenne s’est dit «prête à apporter son soutien aux pays les plus touchés», à commencer par la France, selon un communiqué. Son président José-Manuel Barroso «suit de près l’impact de la tempête» et exprime «sa solidarité à l’égard des personnes durement touchées», ajoute le texte.

Les recherches ont repris lundi matin dans l’ouest de la France, après le passage de la tempête Xynthia, qui a fait au moins 47 morts et une trentaine de disparus dans le pays, et a dévasté des communes du front de mer. Portée par des vents violents et de fortes marées, la tempête, qui balaye la façade atlantique depuis samedi, a fait au total au moins 56 morts en Europe, dont 4 en Allemagne, 3 en Espagne, un au Portugal et un Belgique.

Elle a frappé la France avec des vents allant jusqu’à 150 km/h en rafale, avec une force comparable à celle de la tempête de 1999, qui avait dévasté le pays et fait 92 morts. Alors que la tempête, affaiblie, poursuivait sa route lundi vers la Scandinavie, la France constatait l’ampleur du désastre, avec des routes affaissées, des bâtiments détruits, des digues forcées par la marée et des quartiers entiers envahis par les eaux, où les secours avaient repris leurs recherches.

En Vendée, une pluie fine a succédé aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région, notamment sur les deux villages les plus meurtris de La-Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer. Un hélicoptère survolait la zone et les pompiers avaient repris leurs recherches en embarcations légères, notamment en direction des maisons inondées dont les volets sont restés fermés, a constaté un journaliste de l’AFP.

Il reste encore «une trentaine de personnes dont nous n’avons pas de nouvelles», soit parce qu’elles sont absentes, soit parce qu’elles sont bloquées chez elles, avait indiqué dimanche le président du département de Vendée, Philippe de Villiers.

Plus de 500 rescapés ont été hébergés dans différents centres de la région. D’autres ont été accueillis par des proches. Une trentaine de blessés ont été admis dans des hôpitaux. Une chapelle ardente a été installée à côté du funérarium de l’Aiguillon-sur-mer.

Le département voisin de Charente-Maritime, très touché par des inondations liées à des ruptures de digue, déplore aussi plusieurs morts par noyade, la montée soudaine des eaux ayant surpris les habitants dans leur sommeil.

Le président Nicolas Sarkozy était attendu dans la matinée dans ces deux départements, les plus touchés. Lundi matin, près d’un demi-million de foyers français restaient privés d’électricité en France, a indiqué ERDF, filiale de distribution d’Electricité de France (EDF), qui prévoyait le rétablissement du courant dans 80% des foyers d’ici mercredi soir.

Face à l’ampleur du drame, qualifié de «catastrophe nationale» par le Premier ministre François Fillon, le gouvernement a annoncé le déblocage d’«un million (d’euros) de crédit d’urgence» pour les départements les plus touchés, des aides de «10’000 euros» pour les petites et moyennes entreprises sinistrées, et a demandé une aide européenne sur les fonds du budget de solidarité.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a promis lundi «son soutien aux pays les plus touchés».

Dès lundi matin, la FNSEA, principal syndicat agricole français, a demandé des mesures rapides du gouvernement pour aider les agriculteurs et les ostréiculteurs, estimant qu’il allait y avoir d’«énormes pertes». De son côté, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Chantal Jouanno, a appelé à «durcir les règles» de construction dans les zones inondables et derrière les digues, déplorant que depuis la tempête de 1999, 100’000 logements aient été construits en zone inondable en France.