Un drame à deux jours des législatives

Trois ans après les premières élections libres, la Tunisie retourne aux urnes dimanche, pour élire ses députés. Suivra l’élection présidentielle, dont le premier tour a lieu le 23 novembre. Près de quatre ans après la révolution, le pays doit ainsi tourner la page du provisoire.

L’assaut lancé vendredi par les forces de l’ordre, après vingt-six heures de siège, contre des «terroristes» retranchés avec femmes et enfants dans une maison à la périphérie de Tunis, a ravivé les craintes d’une déstabilisation du scrutin. L’opération s’est soldée par la mort de six personnes, dont cinq femmes et un policier.

C’est le seul événement qui a perturbé une campagne sans passion. Contrairement à 2011, la place de la religion n’a pas été au cœur des débats. Une question tranchée par la nouvelle Constitution, estiment les islamistes d’Ennahda qui, malgré un bilan gouvernemental calamiteux, restent parmi les favoris. Leur principal adversaire: Nida Tounes, créé pour tenter de rééquilibrer le paysage politique, après le laminage des modernistes en 2011, capitalise sur les échecs d’Ennahda. Selon toute vraisemblance, aucun ne décrochera la majorité absolue.

Pour le reste, qui tirera son épingle du jeu, parmi la multitude de partis en lice? La populiste UPL, de l’homme d’affaires Slim Riahi, prisée parmi la jeunesse des quartiers? Les multiples partis centristes, comme Afek Tounes? La gauche, avec le Front populaire? Les anciens bénalistes, qui ont cette fois le droit de concourir? Déçus par leur classe politique, beaucoup de Tunisiens sont tentés par l’abstention.