Des perquisitions menées dans le cadre de l'état d'urgence en vigueur en France depuis vendredi soir se sont déroulées en Haute-Savoie dans la nuit de mercredi à jeudi. A Fillinges, à 30 km de Genève, un homme de 26 ans a été mis en garde à vue pour 48h. Samir A. a été interpellé vers 18h30 au Pont de Fillinges, non loin de chez lui, alors qu'il circulait à bord de son véhicule.

Dans la soirée, vers 20h, des gendarmes de la brigade de Saint-Julien en Genevois, «armés comme à Paris» ont raconté les voisins, se sont déployés autour de la résidence de la Tourne, qui jouxte la mairie, et ont investi l'appartement du jeune homme. Ils n'ont trouvé que sa mère avec qui il vit. Dans sa chambre, a été découvert un drapeau de Daech et des «documents suspects». «Les contenus informatiques des ordinateurs saisis sont en cours d'exploitation par les enquêteurs», a précisé Patrick Steinmetz, procureur de la République de Thonon-les-Bains.

Une personne discrète

Samir A., qui vit à Filliges depuis trois ans, est dépeint comme une personne ténébreuse, discrète et distante. Dominique, une voisine de palier, témoigne: «Il porte une barbe et souvent la djellabah. Il me dit bonjour en baissant les yeux et jamais il ne m'a serré la main. Sa mère est très gentille, douce et très serviable. Tout le monde l'aime par ici, elle donne souvent des gâteaux et des œufs.» Dominique précise aussi que la police venait souvent sonner à son porte:  «Il semblait repéré. En fait, depuis toutes les descentes de police partout en France, je m'attendais à le voir embarqué».

Une agente de la police municipale ajoute: «En avril, il m'a menacé de mort alors j'ai fait une déposition. Je m'étais interposé entre sa mère et son beau-père qui ne vit plus au domicile, il mettait des coups à sa femme. Samir a cru que je frappais sa mère. Sa réaction a été très violente.»

Peu de visites

Luka, un jeune qui raconte avoir vu pendant l'opération cinq policiers passer sur sa terrasse qui lui ont ordonné de fermer ses volets, connaissait «de loin»  Samir. «Mais, dit-il, mon frère aîné l'a un peu fréquenté, il a été invité chez lui et Samir lui a fait des vidéos de propagande islamique, ce n'était pas violent, seulement des vidéos de Dieu le Sauveur comme il disait. Mon frère a dit que cette religion était intéressante, alors ma mère lui a interdit de retourner chez lui.»

Le logement de Samir et de sa mère font partie d'un immeuble à vocation sociale. La mère travaille dans une entreprise de nettoyage, son fils aussi. Samir recevait peu de visites, «excepté lors sa mère s'absentait longtemps, quand elle partait en vacances par exemple» précise une autre voisine.

Une autre opération à Faverges

Une autre opération s'est déroulée à Faverges, au sud d'Annecy. La préfecture de Haute-Savoie a indiqué qu'elle ne communiquerait pas sur le bilan de ces perquisitions, le nombre de personnes contrôlées voire interpellées, ni sur le fait que des armes aient étés saisies.

Selon France Bleu, la perquisition à Faverges menée dans la nuit est passée totalement inaperçue. Seul le maire semblait informé ce jeudi matin.
«A ma connaissance, Faverges n'est pas plus concernée qu'une autre commune par le phénomène de radicalisation islamiste, même si nous avons eu un cas de djihadisme il y a plusieurs années» a assuré le maire, Marcel Cattaneo.