Le Parc national Torres del Paine a été fermé jeudi et le restera tout janvier, a annoncé vendredi le président Sebastian Piñera. Le feu ronge une langue rocheuse accidentée, entre des sommets enneigés à 3000 mètres d’altitude et un lac navigable. Un mélange de forêts, d’arbustes et de lande y fournit depuis mardi un combustible de choix.

«Nous sommes face à une situation extrêmement complexe, un scénario extrême, principalement en raison de la topographie, de vents violents et de l’état de la végétation, hautement inflammable», a expliqué Vicente Nuñez, directeur du Bureau national des urgences (Onemi).

La superficie brûlée représente moins de 5% du parc de 230 000 hectares, un des joyaux de la Patagonie à 3000 km au sud de la capitale Santiago. Ce site emblématique des amoureux de la nature, classé depuis 1978 réserve de biosphère par l’UNESCO, est considéré par nombre de randonneurs comme l’un des plus beaux parcs d’Amérique du Sud.

Les rares images aériennes, depuis des hélicoptères de secours, laissaient surtout voir un vaste nuage de fumée, obstruant un décor somptueux de granits enneigé, de verdure et de lac turquoise.

L’incendie s’est déclaré mardi non loin d’un sentier de randonnée bordant le lac Grey, amenant le ministre de l’Intérieur Rodrigo Hinzpeter à évoquer «une cause humaine hautement probable, sans doute une négligence».

Après l’évacuation «préventive» mercredi de 20 touristes d’un refuge à deux km du foyer, ce sont au total 700 personnes qui ont été évacuées, entre touristes et personnel d’auberges. Les autorités ont été stigmatisées pour la lenteur de leur réaction.

Amère comparaison

Luis Mariano Rendon, coordinateur de l’ONG Accion ecologica, a dressé une amère comparaison avec l’efficacité des autorités dans la répression des manifestations étudiantes de 2011, à l’aide de lances à eau.

«On aurait aimé voir ce gouvernement aussi doué pour lancer de l’eau sur les flammes qui consument notre patrimoine naturel que sur les citoyens défendant leurs droits», a-t-il lancé.

Entre pompiers professionnels, militaires, agents de l’office des forêts Conaf et renforts venus d’Argentine voisine, plus de 500 personnes devraient être sur place samedi luttant contre le feu, selon Vincente Nuñez.

L’appui aérien, au moyen d’hélicoptères et d’un avion, reste soumis aux conditions climatiques, notamment aux rafales de vent qui ont atteint ces derniers jours les 100 km/h, attisant les flammes. La météo du week-end pourrait cependant offrir un répit crucial, avec des chutes de pluies attendues entre vendredi soir et dimanche.