Etats-Unis

Un étudiant égyptien menace Donald Trump: il doit quitter les Etats-Unis

Facebook l'a trahi. Difficile pourtant de savoir si le jeune homme n'a pas simplement eu un mouvement d'humeur

«Je veux bien passer ma vie en prison pour tuer ce type, en fait le monde entier devrait me remercier». A quoi donc pensait cet étudiant de 23 ans dans son école de pilotage en Californie lorsqu'il écrivit ce message de colère concernant Donald Trump sur sa page Facebook, début février? Mouvement d'humeur de petit jeune dans ce grand défouloir que sont les réseaux sociaux, ou réelle menace contre le candidat actuellement le mieux placé pour remporter l'investiture républicaine? Ce qui serait peut-être passé inaperçu dans le cas d'un étudiant américain bon teint a en tout cas attiré l'attention du directeur de l'école d'aviation: car c'est un étudiant égyptien musulman qui est l'auteur de ces mots, qui lui valent aujourd'hui de quitter les Etats-Unis pour être ramené dans son pays.

Dès le signalement de son post, en février, le FBI a interrogé Emadeldin Elsayed, alors qu'aucune plainte n'a formellement été déposée contre lui. Expulsé de l'école, le jeune homme perd du même coup son visa d'étudiant I-20, et les 40 000 dollars de frais de scolarité qu'il avait déjà déboursés, une somme colossale engloutie avec ses rêves. Vendredi il a accepté de son plein gré de repartir, insistent les autorités: il n'aurait pas été facile pour elles de l'expulser sur la simple base de ses propos, qui pour certains avocats ressortent de la liberté d'expression.

Vie brisée

Emadeldin Elsayed explique avoir agi par impulsion, après avoir entendu Donald Trump annoncer qu'il voulait stopper l'immigration de tous les musulmans vers les Etats-Unis. Le commentaire de l'étudiant «s'inscrit dans une rhétorique indignée similaire à la rhétorique qui est peut-être utilisée par M. Donald Trump lui-même lorsqu'il dit on va tuer les proches de terroristes, leurs enfants et leurs femmes», explique son avocat. Pour lui, son client a compris qu'il avait fait une bêtise colossale, qu'il ne pourrait probablement plus jamais revenir aux Etats-Unis, et que sa carrière de pilote était sacrément compromise. La terrible histoire des pilotes saoudiens venus se former aux Etats-Unis pour préparer le 11-Septembre est bien sûr encore dans toutes les mémoires.

Incarcéré aujourd'hui pour défaut de document légal d'immigration et non pas pour ses menaces, Emadeldin Elsayed a jusque début juillet pour repartir en Egypte, où son histoire  a fait le tour des radios et des télévisions. Pour les membres de sa famille, la liberté d'expression à l'américaine est à deux vitesses, et ne concerne manifestement pas les arabes musulmans.

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