Un ex-évêque catholique norvégien d’origine allemande, Georg Müller, a reconnu avoir abusé sexuellement d’un mineur il y a une vingtaine d’années, un scandale dont le Vatican était informé depuis plus d’un an, a annoncé l’Eglise catholique de Norvège mercredi.

«L’Eglise catholique de Norvège est sous le choc après qu’il a été révélé (...) que l’ex-évêque (Georg) Müller de Trondheim (sud) a reconnu être coupable d’abus sexuel sur un mineur et admis que c’était la raison de son départ de ses fonctions l’an dernier», écrit-elle dans un communiqué.

Né près de Trèves en Allemagne, Georg Müller, 58 ans, avait quitté ses fonctions d’évêque de Trondheim en juin dernier, officiellement pour des incompabilités de travail.

Selon le quotidien norvégien Adresseavisen, qui a révélé l’affaire, les faits se sont déroulés il y a environ 20 ans alors que Müller était prêtre à Trondheim. La victime, un enfant de choeur à l’époque aujourd’hui âgé d’une trentaine d’années, a bénéficié d’une indemnisation de l’Eglise.

Le Vatican était au courant des faits depuis janvier 2009, mais les détails n’ont pas été révélés «à la demande de la victime», explique l’Eglise catholique norvégienne dans son communiqué.

L’actuel évêque de Trondheim et d’Oslo, Bernt Eidsvig, y précise que c’est le cardinal William Levada, préfet auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi du Vatican, qui lui «a donné la lourde charge d’annoncer que le Saint-Siège, fin janvier 2009, a été informé» des accusations contre l’évêque Müller.

Confronté aux faits, Georg Müller, prêtre depuis 1978 et évêque de Trondheim entre 1997 et 2009, a admis avoir abusé sexuellement de l’enfant de choeur. Mais il affirme qu’il n’y a pas eu d’autres victimes, selon l’Eglise norvégienne.

«Même si les faits sont prescrits par la loi norvégienne, la justice interne de l’église prévaut. C’est pourquoi l’évêque Müller a depuis son départ suivi une thérapie et n’a plus aucune fonction épiscopale ou pastorale», écrit M. Eidsvig.

L’Eglise catholique a été ternie ces dernières semaines par une série de scandales pédophiles qui ont même éclaboussé le pape Benoît XVI, accusé d’avoir couvert ces abus quand il était chef de la Congrégation pour la doctrine de la foi.