Les corps de 162 mineurs ont été extraits de la boue après un glissement de terrain qui s’est produit dans des mines de jade dans le nord de la Birmanie, ont annoncé jeudi les services d’incendie de l’Etat de Kachin. Quelque 54 blessés ont été transportés dans des hôpitaux de la région.

Les recherches, compliquées par la nuit, se poursuivaient jeudi soir et le bilan pourrait encore s'alourdir. «Les mineurs ont été emportés par un torrent de boue provoqué par d’importantes averses» de mousson. Sur leur page Facebook officielle, des photos montrent une équipe de sauveteurs pataugeant dans une vallée submergée par la coulée de boue, dans le canton de Hpakant, près de la frontière chinoise.

«Nous n'avons pu qu'extraire les corps qui flottaient», a relevé le commissaire de police Than Win Aung. Les opérations de secours constituent un véritable défi: «nous avons dû travailler sous des trombes de pluie» avec la crainte d'un nouveau glissement de terrain.

Les victimes travaillaient sur le site minier malgré un avertissement des autorités les exhortant à ne pas y pénétrer en raison de fortes pluies, a indiqué la police locale. Sans cet avertissement, «on aurait pu avoir des centaines de morts», d'après elle.

Une industrie qui pèse des milliards

L'ONU s'est dite dans un communiqué «profondément attristée par les terribles pertes humaines». Chaque année, des dizaines de mineurs à la recherche de pierres précieuses trouvent la mort dans des accidents dus à des conditions de travail périlleuses, particulièrement en période de mousson.

Très prospère mais peu réglementée, l’industrie minière emploie de nombreux travailleurs non déclarés, et pèse plusieurs dizaines de milliards de dollars, selon l’ONG Watchdog Global Witness. Les mines de jade à ciel ouvert d’Hpakant ont transformé cette région reculée en un vaste terrain évoquant un paysage lunaire.

Les glissements de terrain mortels dans la région sont fréquents, et les victimes sont souvent issues de communautés ethniques défavorisées qui opèrent quasi clandestinement dans d’anciennes mines laissées à l’abandon. Les abondantes ressources naturelles du nord de la Birmanie – dont le jade, le bois précieux, l’or et l’ambre – aident à financer les deux côtés d’une guerre civile qui dure depuis plusieurs décennies entre des insurgés de l’ethnie kachin et les militaires birmans.