Les rédactions de plusieurs médias italiens à Milan (nord) ont reçu lundi des menaces d’un groupe inconnu appelé Noyaux d’action territoriale (NAT) considéré comme proche des Brigades rouges (BR), indique mardi la presse de la péninsule.

«Il faut organiser une opposition dure, même violente si nécessaire, dans chaque ville, pour frapper de manière capillaire le régime», affirme le tract envoyé aux rédactions de l’Unita (gauche), Il Giornale (droite berlusconienne), de la Rai, la radio-télévision publique et de Mediaset, le groupe de télévision privé du chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

Dans le tract des Noyaux d’action territoriale, tout le monde est considéré comme un ennemi, la gauche italienne aussi bien que la droite, dénoncés comme «les bras politiques des fraudeurs fiscaux», mais aussi les banques, les entrepreneurs ou les journalistes.

«Nous ne voulons pas constituer un parti armé ou combattant, ni singer le terrorisme; nous voulons constituer des avant-gardes qui sachent ajouter à la lutte des travailleurs, des actions d’autodéfense (...) même armée», poursuit le document cité par le journal La Repubblica.

«Ce tract a de fortes analogies avec ceux des Brigades rouges mais aussi des différences importantes et nous pensons que ce n’est pas l’oeuvre d’un fou», a commenté mardi le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni.

La lettre de quatre pages envoyée lundi est identique à une autre remise la semaine dernière à plusieurs médias à Bologne, dans le centre du pays.

Le parquet de Bologne, chargé des enquêtes, avait alors estimé qu’ «il ne (fallait) ni sous-estimer, ni dramatiser, mais analyser le document», le groupe NAT étant inconnu des forces de l’ordre.

M. Maroni a par ailleurs indiqué que la police enquêtait également sur de «possibles liens» des NAT «avec d’autres groupes terroristes et éventuellement avec le radicalisme islamiste».