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Un groupe de rebelles syriens modérés jette l’éponge

L’armée syrienne libre (ASL) n’a plus d’influence dans le nord du pays, contrôlé par les djihadistes

Un groupe de rebelles syriens modérés jette l’éponge

Syrie L’Armée syrienne libre (ASL) n’a plus d’influence dans le nord du pays, contrôlé par les djihadistes

De tous les groupes armés de la rébellion syrienne, Hazm était l’un des plus fréquentables. Affilié à l’Armée syrienne libre (ASL), il a constitué le fer de lance du double combat contre le régime de Bachar el-Assad et contre les djihadistes. Mais dimanche dernier, le groupe s’est auto-dissous. Fini, il passe l’éponge, défait par les djihadistes du Front Al-Nosra, qui se réjouissent d’avoir bientôt la mainmise sur les régions du nord-ouest syrien. En revanche, les Etats-Unis et les pays regroupés dans la coalition, peuvent s’inquiéter d’avoir perdu un allié.

Le mouvement Hazm (en arabe Harakat Hazm) était, de l’avis même de son état-major, la composante de l’ASL qui recevait le plus de soutien occidental, militaire et financier. Son origine remonte à janvier 2014 lorsque plusieurs groupes armés, dont certains liés à la Brigade Omar al-Farouq, fusionnent. Le mouvement se pose d’emblée en modéré mais en ennemi des djihadistes. Cette prise de position explique que le mouvement Hazm ait rapidement obtenu le soutien américain. Harakat Hazm aurait reçu des missiles antichars BGM-71 TOW de fabrication américaine par l’intermédiaire d’un pays du Golfe.

Rebelles à Genève

Présents à Alep et dans la région d’Idlib, les combattants d’Hazm obtiennent quelques succès militaires. Plus contre les forces du régime que contre les djihadistes, qu’ils évitent de combattre directement. Auprès de la communauté internationale, Hazm s’impose comme un partenaire de premier choix. Le mouvement montre patte blanche. Fin octobre de l’année dernière, des représentants du mouvement se rendent même en Suisse, au bout du lac, pour signer une convention de l’Appel de Genève sur l’interdiction des mines antipersonnel et des violences sexuelles.

Mais, explique Sarah Karkour, une porte-parole de la Coalition nationale syrienne, basée à Istanbul, «le soutien occidental dont Hazm bénéficiait nourrissait aussi l’inimitié des groupes rivaux et surtout l’hostilité du Front Al-Nosra». Après plusieurs passes d’armes, en novembre et en janvier dans la région d’Idlib, dans le Djebel Azzawi et à Alep, «les combattants d’Hazm ont enlevé il y a dix jours un des leaders d’Al-Nosra, qui en représailles a menacé d’écraser le mouvement», détaille Sarah Karkour. A partir de là, la guerre est déclarée entre les djihadistes d’Al-Nosra et les modérés d’Hazm: «Samedi dernier, les djihadistes attaquent le régiment 46 d’Hazm à Alep et font des dizaines de morts au sein de ce dernier.»

Le reste du mouvement Hazm décide le lendemain de disparaître pour éviter d’être exterminé. Pour certains combattants la lutte est finie, d’autres continuent sous la bannière de l’ASL et les derniers rallient les djihadistes. Pour l’expert Fabrice Balanche, «l’ASL est moribonde. Elle ne garde de l’influence que dans le sud du pays. Dans le nord-ouest, Al-Nosra fait la loi, et dans le nord-est, c’est l’Etat islamique.» La Turquie et les Etats-Unis se sont mis d’accord pour former et armer des groupes de rebelles modérés sur territoire turc à partir de ce mois, mais ce programme pourrait tomber à l’eau faute de candidats.

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