Le bilan de la fusillade de samedi et dimanche dans l'est du Canada est passé de 18 à 23 victimes, a annoncé mardi la gendarmerie royale du Canada (GRC) dans un communiqué. Il s'agit de la pire tragédie de ce type dans le pays.

Un homme armé a tué au moins seize personnes dans la nuit de samedi à dimanche en Nouvelle-Ecosse (Canada), parmi lesquelles une policière, avant de trouver la mort dimanche à l'issue d'une des pires tueries qu'ait connu le Canada depuis des décennies.

La responsable nationale de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale), Brenda Lucki, a indiqué à plusieurs chaînes que le bilan était d'au moins 13 morts, avant d'annoncer en milieu de soirée un nouveau bilan d'au moins 16 morts, en plus du tueur, selon la chaîne publique CBC.

Les motivations de l'auteur de la tuerie, un homme de 51 ans, n'ont pas été précisées. «Il est trop tôt pour parler de motivation», a expliqué un porte-parole de la GRC, Chris Weather. «Il semblait qu'au moins en partie, c'était de nature aléatoire.» Plusieurs victimes «ne semblent pas avoir de lien avec le tireur», selon lui.

Le suspect de l'attaque est décédé

La tuerie a commencé samedi en fin de soirée dans la petite commune rurale de Portapique, à une centaine de kilomètres de la capitale Halifax. De nombreuses victimes ont été découvertes devant et à l'intérieur d'une maison où la police a été appelée après des signalements de coups de feu.

L'auteur présumé de ces meurtres avait pris la fuite à l'arrivée de la police, déclenchant une vaste chasse à l'homme d'une douzaine d'heures dans toute la province. Les habitants de la région ont été priés de rester chez eux par les autorités.

L'homme, un prothésiste dentaire selon les médias canadiens, a pris la fuite à bord de plusieurs véhicules, dont l'un ressemblant à une voiture de police. Il portait en outre plusieurs éléments d'un uniforme de policier, a confirmé le porte-parole.

Lire aussi:  Canada: 4 morts dans une fusillade à l’école

Le suspect a été arrêté dimanche matin, dans des circonstances qui n'ont pas été précisées. «La poursuite s'est terminée ce matin lorsque le suspect a été localisé. Je peux confirmer qu'il est mort», a indiqué un porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) sans plus de précision. Une autre porte-parole a indiqué que le tireur avait été tué suite à l'intervention d'un agent, sans autre précision.

«Un des actes violents les plus insensés de l'histoire de notre province»

Ce massacre, dont le bilan n'est pas définitif, est d'ores et déjà le pire que le Canada ait connu de toute son histoire. Le 6 décembre 1989, un homme avait tué par balles 14 femmes à l'école Polytechnique de Montréal avant de se donner la mort, provoquant ce qui était à l'époque la pire tuerie de masse -et le premier féminicide de l'histoire du pays.

«C'est avec tristesse que j'ai appris l'acte de violence insensé qui a été perpétré en Nouvelle-Écosse et a coûté la vie de nombreuses personnes, y compris celle d'une membre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC)», a réagi le premier ministre, Justin Trudeau, dans un communiqué.

Le premier ministre de Nouvelle-Ecosse, Stephen McNeil, a pour sa part dénoncé «un des actes violents les plus insensés de l'histoire de notre province».

«On a le coeur brisé aujourd'hui» a écrit sur sa page Facebook Jenny Kierstead dont la soeur, Lisa McCully, a été tuée dans la fusillade samedi soir. «Nos condoléances vont aux autres membres de la famille qui sont touchés par cette tragédie. Merci pour votre soutien, c'est une dure journée.»