Quand il arriva aux Etats-Unis à l’âge de 17 ans, Arsalan Kazemi fut presque traumatisé par six heures d’interrogatoire à l’aéroport de Houston. Il fut sur le point de vouloir rentrer immédiatement chez lui. Ce joueur de basketball, âgé aujourd’hui de 23 ans, est Iranien. Son père tient une fabrique de bonbons à la pistache et au nougat à Ispahan. Joueur dans l’équipe de l’Université de l’Oregon, il fait l’objet d’éloges de tout le milieu du basketball.

Son entraîneur Dana Altman le confie au «New York Times»: «Il est tranquille, humble et gracieux. C’est difficile de ne pas l’aimer.» Et selon lui, il a une générosité rare qui constitue une qualité très recherchée par une équipe. Arsalan Kazemi n’a pas une musculature hypertrophiée et n’est pas nécessairement très rapide. Mais c’est le champion du rebond et du tir à distance. C’est d’ailleurs le premier Iranien à bénéficier d’une bourse pour étudier à l’université et évoluer en première division du championnat universitaire américain. Pour sa famille en Iran, c’était une occasion unique de pouvoir jouer au basket et de bénéficier d’une formation universitaire. Son père aimerait néanmoins qu’il continue d’étudier pour devenir un jour un médecin ou un ingénieur. Le joueur iranien appelle d’ailleurs ses parents deux fois par jour, précise le «New York Times».

Arsalan Kazemi a des fans parmi les familles iraniennes d’Eugene dans l’Oregon, mais aussi à l’Université de Californie (UCLA), pourtant rivale de l’Université de l’Oregon. Alors que les relations entre Téhéran et Washington restent très tendues en raison de l’absence de liens diplomatiques depuis 33 ans et d’un programme nucléaire soupçonné d’être de nature militaire, Arsalan Kazemi est un vrai ambassadeur du rapprochement. Même si parfois on l’appelle «terroriste», il se plaît à montrer qui sont vraiment les Iraniens afin de détruire les clichés.

Le sport est manifestement un canal utile pour rapprocher l’Amérique de la République islamique. Il y a peu, des membres de l’équipe américaine de lutte gréco-romaine s’étaient rendus à Téhéran pour les championnats du monde. Ils avaient défendu les mêmes intérêts que leurs homologues iraniens afin de faire pression sur le Comité international olympique afin de ne pas abolir la lutte gréco-romaine lors des Jeux olympiques de 2020.