Le journaliste Sergueï Aslanian, 46 ans, spécialiste du secteur automobile à la radio publique russe Maïak, a été agressé en bas de son immeuble par un homme qui l’avait invité à sortir, a indiqué la police dans un communiqué.

Il a expliqué à la police «qu’un inconnu l’avait appelé à l’interphone, et lui avait demandé de descendre en avançant un prétexte plausible». «Dès qu’il est arrivé dans le hall, l’inconnu l’a frappé à la tête avec un objet lourd et lui a porté quelques coups de couteau superficiels à la poitrine, au cou et à la main».

Sergueï Aslanian a été hospitalisé dans un hôpital de la capitale russe. Selon les médecins, ses jours ne sont pas en danger, rapporte l’agence Itar-Tass.

Un directeur adjoint de la radio-télévision russe, Sergueï Arkhipov, lui a rendu visite à l’hôpital. Selon ces responsables, cité par l’agence Interfax, Sergueï Aslanian a raconté que l’homme qui l’a agressé avait crié «Tu n’aimes pas Allah!» avant de frapper.

La police a indiqué avoir ouvert une enquête pour «coups et blessures». Des médias russes soulignaient dès mardi matin la probabilité d’un lien entre l’agression et des propos tenus à l’antenne de Radio Maïak le 14 mai par Sergueï Aslanian.

Le journaliste avait estimé que le prophète Mahomet n’était «pas un personnage religieux mais un homme d’affaires», qui a «réécrit la Bible comme il pouvait» et avait «des problèmes sexuels». Ces déclarations avaient suscité de vives réactions de la communauté musulmane en Russie.

Dans une vidéo mise en ligne sur l’internet, un imam du Tatarstan, république russe à majorité musulmane, avait annoncé porter plainte et déclaré que les personnes responsables de telles «insultes» à la religion musulmane devaient être «punies».

Il avait rappelé le précédent des caricatures de Mahomet publiées en 2005 par un journal au Danemark, qui avaient suscité de très vives réactions dans le monde musulman et une tentative d’assassinat de leur auteur.

Le mufti de Moscou et de la Russie centrale, Albir Krganov, a dénoncé cette agression, dans des déclarations à l’agence Interfax. «C’est une provocation évidente, et les forces de l’ordre doivent établir qui est derrière», a-t-il dit.