Un tribunal fédéral américain a accordé jeudi une victoire au lobby des armes, en ordonnant la réouverture des armureries du Massachusetts. Comme certains de ses collègues, le gouverneur de l'Etat, Charlie Baker, avait inclus les magasins d'armes dans la liste des «commerces non essentiels» appelés à garder portes closes pendant la pandémie.

Sa décision avait été contestée en justice par des propriétaires, des vendeurs et des associations de défense du port d'armes au nom du deuxième amendement de la constitution qui, selon eux, garantit un droit au port d'armes.

Le juge fédéral leur a donné raison et ordonné que les armureries rouvrent samedi, en suivant de strictes mesures de précaution, selon une copie du jugement consulté par l'Agence France-Presse (AFP).

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Des disparités d'un Etat à l'autre

Avec plus de 75 000 morts, les Etats-Unis sont le pays le plus touché au monde par le Covid-19. Au début de la crise, les Américains, dont un tiers des adultes possèdent déjà au moins une arme à feu, se sont rués vers les armureries pour compléter leur arsenal.

La multiplication des mesures de confinement a toutefois suscité un débat sur l'opportunité de les garder ouvertes. Si le Texas, l'Ohio ou le Michigan ont jugé ces magasins «essentiels», les Etats de New York ou du New Jersey, épicentre de l'épidémie américaine, ont pris une position différente.

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Le lobby des armes a introduit plusieurs recours en justice, là où elles ont été fermées. Le tribunal du Massachusetts est le premier à ordonner une réouverture. Un juge de Los Angeles avait au contraire rejeté une plainte formulée contre des villes de Californie. Ailleurs, les décisions restent pendantes.