«C’est une très mauvaise journée pour les journalistes.» La défense de Florence Hartmann, ne s’est pas encore déterminée sur un éventuel appel du jugement qui condamne l’ancienne porte-parole de Carla Del Ponte à 7000 euros d’amende pour outrage à la Cour mais Guenaël Mettraux, l’un des avocats, juge une telle démarche très probable.

Accusée d’avoir divulgué l’existence de documents classés confidentiel par le TPIY qui mettaient en évidence une implication de l’ex-République yougoslave dans l’organisation du massacre de Srebrenica, Florence Hartmann faisait valoir que ces documents avaient déjà été mentionnés publiquement par d’autres sources au moment où elle les a évoqués elle-même. «Le Tribunal a écarté cet argument au motif qu’une éventuelle divulgation ne changeait rien à l’obligation d’autres parties de garder le secret. Cela veut dire que tout journaliste peut, partout dans le monde et à tout moment, être poursuivi pour avoir repris une information d’intérêt public tombée dans le domaine public, du moment qu’elle a été placée sous le sceau de la confidentialité par le TPIY. C’est très préoccupant.»

Autre souci pour l’avocat: «Le Tribunal ne précise pas exactement quels éléments Florence Hartmann aurait divulgués, ce qui pose problème du point de vue des droits de la défense. Et il ne se détermine pas sur l’argument selon lequel elle n’a pas eu accès à ces informations en tant que porte-parole mais, plus tard, en faisant son travail de journaliste. Or ce n’est pas un détail: les journalistes qui font leur métier dans un esprit d’intérêt public jouissent d’une protection particulière, qui n’a pas été prise en compte dans ce cas.»